© INTERNEEn novembre dernier, l'assemblée plénière de la Cour de cassation avait jugé que Nicolas Perruche, un enfant né handicapé, pouvait réclamer des indemnités au médecin qui n'avait pas décelé la rubéole de sa mère, à l'origine de sa malformation, et n'avait pas permis un avortement thérapeutique. Cette décision avait alors choqué de nombreux parents d'enfants handicapés qui, ressentant cette décision comme une marque de mépris, ont assigné l'Etat en décembre dernier.
L'indemnisation ne peut être obtenue par l'enfant handicapé que s'il prouve "un lien de causalité directe avec les fautes commises par le médecin" |
Les trois pourvois rejetés
Dans les trois affaires jugées vendredi, l'assemblée plénière a constaté que les conditions de l'indemnisation n'étaient pas remplies, et elle a rejeté les pourvois qui lui étaient soumis au nom de trois enfants. La Cour ajoute que pour se plaindre de ne pas avoir subi une IVG thérapeutique, permise hors des délais légaux, l'enfant doit établir que les conditions d'une telle intervention étaient réunies. Il faut, selon la loi, que deux médecins attestent, "après examen et discussion, que la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la femme ou qu'il existe une forte probabilité que l'enfant à naître soit atteint d'une affection d'une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic".
Jurisprudence maintenue
"Nul n'est fondé à juger en droit de la légitimité des vies humaines" |
Devançant la polémique, M. Canivet avait déclaré fin avril que devant les critiques de "l'arrêt Perruche", la Cour recueillerait, avant de juger des affaires semblables, l'avis des "autorités morales" qui ont critiqué cette décision. Deux mois plus tard, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) s'était opposé à la reconnaissance d'un "droit de l'enfant à ne pas naître" handicapé. Invoquant l'eugénisme, il a critiqué l'incitation à la disparition des enfants anormaux. "Qui va déterminer quelles vies valent la peine d'être vécues ?" demandait le CCEN. La Cour de cassation a donné sa réponse.
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