Les épidémies sous contrôle à Roissy

Par Matthieu DURAND , le 04 juillet 2001 à 07h00 , mis à jour le 03 juillet 2001 à 10h45

Grippe, méningite et même paludisme... Quand les virus prennent l'avion, le cabinet médical de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle se retrouve en première ligne sur le front des épidémies. Seconde partie du reportage de tf1.fr

roissy cabinet médical avion santé 4 © INTERNE

L’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle abrite un cabinet médical un peu particulier, ouvert 24h/24 et 365 jours par an. Ce centre de soins et de consultations est également un centre international de vaccination de la fièvre jaune et "vigie avancée dans le contrôle des épidémies", selon les termes de Philippe Bargain, chef du service médical d’urgence et de soins de l’aéroport.

En voiture les moustiques


De gauche à droite : Patrice Mannhart,
coordinateur médical, et
Philippe Bargain, chef du service.

Les épidémies font l'objet d'une surveillance extrême : la grippe, la méningite (notamment au retour du pélerinage de La Mecque) et, pendant l'été, le paludisme. Si la société Aéroports de Paris désinsectise systématiquement avions, passerelles, navettes et locaux de tris des bagages, il arrive que des moustiques passent au travers des mailles du filet sanitaire. "A plusieurs kilomètres de l’aéroport, une personne avait attrapé le paludisme alors qu’elle n’avait jamais quitté la France", se rappelle le docteur Bargain. "Après une enquête pointue, on a découvert que ses voisins travaillaient à l’aéroport et qu’ils garaient leur voiture près des pistes. Le moustique porteur du virus avait dû s’échapper de l’avion et se réfugier dans le compartiment moteur du véhicule". Quatre cas de paludisme avaient ainsi été détectés en 1999 mais aucun en 2000.
 
Le docteur se souvient également d’un voyageur en provenance d’Afrique qui crachait des bacilles tuberculeux : "Nous avons bloqué les sorties de l'avion et recueilli l'identité de tous les passagers. Le malade a été transféré vers un centre spécialisé tandis que les 200 autres personnes présentes dans l’avion ont été suivies médicalement pendant deux ans".
 
Des patients peu banals

Par ailleurs, les services de police et de douanes font appel au service médical pour examiner les demandeurs d’asiles politiques, si ces derniers le souhaitent, et les trafiquants qui transportent de la drogue dans leur estomac (50 cas par an). Et puis, il y a les catastrophes aériennes, rares mais traumatisantes. L’aéroport de Roissy en a vécu trois en 2000, dont le crash du Concorde et la sortie de piste en décembre d’un appareil de Cameroon Airlines, avec une évacuation par toboggan. L'équipe médicale organise les secours d'urgence, soigne les blessés, prend en charge les familles des victimes et les témoins des accidents.

Tous ces événements constituent le quotidien du docteur Bargain et de ses collaborateurs. Un quotidien stressant que ce dernier ne changerait pour rien au monde. "Travailler dans un aéroport, c’est magique !", déclare-t-il, l’œil pétillant.

Lisez ici la première partie de ce reportage

Par Matthieu DURAND le 04 juillet 2001 à 07:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience