Fonds spéciaux : la droite charge Jospin

Par Philippe MATHON , le 09 juillet 2001 à 18h45 , mis à jour le 09 juillet 2001 à 18h49

Les présidents des trois groupes de l'opposition à l'Assemblée nationale ont annoncé lundi le dépôt d'une proposition de loi visant à supprimer les fonds spéciaux. En attendant cette perspective, ils prônent le gel immédiat de ces fonds pour le reste de l'année.

billets argent © INTERNE

L'opposition RPR-UDF-DL a fait front commun lundi pour demander la suppression, dès l'automne, des fonds spéciaux et réclamer à Lionel Jospin d'accepter, dans l'immédiat, un gel de ces crédits.

Alors que le président Jacques Chirac est confronté, avec l'affaire des billets d'avion, à la crise la plus rude depuis son élection, la droite a donc décidé, à quelques heures de l'intervention télévisée du Premier ministre, de contre-attaquer en laissant planer le doute sur les propres pratiques de Lionel Jospin. "Si vous n'avez rien à vous reprocher, s'il n'y a pas de cagnotte électorale, Monsieur le Premier ministre, ce soir vous parlez, c'est l'occasion ou jamais de nous répondre", a lancé le président du groupe UDF Philippe Douste-Blazy lors d'une conférence de presse commune avec ses homologues du RPR Jean-Louis Debré et de DL Jean-François Mattei.

"Lever tout suspicion"

Sans faire de "procès d'intention", M. Debré a "constaté" qu'il n'y avait aujourd'hui "aucune garantie qu'une cagnotte électorale n'a pas été constituée" par le Premier ministre pour 2002. Et d'inviter M. Jospin à "lever cette suspicion, ce doute" en "bloquant toute nouvelle dépense".

Les trois présidents de groupe ont déposé en commun une proposition de loi "relative à la transparence du fonctionnement des pouvoirs publics et portant suppression des fonds spéciaux". En attendant son examen qui ne pourrait pas intervenir avant l'automne, ils proposent que M. Jospin prenne un décret gelant les fonds spéciaux, sauf ceux liés à "la sécurité intérieure et extérieure de l'Etat" ou aux "dépenses de personnel ou de fonctionnement dûment justifiées". L'acception demeure large.

Le PS riposte, le RPF s'émeut

Par la voix d'Henri Weber, secrétaire national du PS à la formation, le PS ironise sur la vocation tardive de la droite et parle de "rideau de fumée lancé par l'opposition". "La droite avait eu "des décennies pour demander cela". "Il y a un débat qui a été lancé par les pilotes d'Air France qui a abouti à la découverte des voyages vacanciers de Jacques Chirac et de sa famille payés en liquide. On voudrait parler d'autre chose, des fonds spéciaux, pour ne pas parler de cela", a-t-il déclaré.

Ce projet n'est vraiment du goût des souverainistes. Jean-Jacques Guillet, porte-parole du Rassemblement pour la France (RPF), a qualifié lundi "de fuite en avant" la proposition qui consiste, selon lui, à "abaisser l'Etat".

Par Philippe MATHON le 09 juillet 2001 à 18:45
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