© INTERNE" Trop politique ", rétorque l’Elysée quand en 1997, la garde des Sceaux Elisabeth Guigou souhaite nommer Jean-Pierre Dintilhac, procureur général à Aix-en-Provence. Cette accusation colle à la peau du magistrat. A 58 ans, il est un habitué des sphères politiques : il a travaillé près de vingt ans hors des juridictions, dans des fonctions souvent stratégiques.
Après avoir dirigé pendant deux ans la toute puissante Administration pénitentiaire, il devient en 1990 directeur de cabinet du ministre (PS) de la Justice, Henri Nallet. Sa réputation d'homme de gauche est faite, il est notamment accusé par l'opposition d'enterrer l'affaire Urba. L’enquête menée par le juge Van Ruymbeke conduira en 1995 à la condamnation d’Henri Emmanuelli, ancien trésorier du PS.
Après un détour par la direction de la gendarmerie nationale, il réintègre la magistrature en 1994, comme avocat général à la Cour de cassation. En peu de temps il accède au poste de procureur du parquet de Paris, sur nommination d’Elisabeth Guigou.
Affaires de politique
Au fil des années, le magistrat n’en finit pas de compter des ennemis dans les coulisses du monde politique et judiciaire. Réputé volontaire et peu diplomate, il délivre un réquisitoire pour "faux et usage de faux" visant Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire de la MNEF. Peu après, il annonce le départ d’Anne–Josée Fulgéras en charge des affaires financières au Parquet, y compris du dossier de la Mnef. La droite parlementaire l’accuse alors d’être instrumentalisé par le garde des Sceaux.
Bien que soupçonné d’être à la botte du PS, c’est lui qui avait estimé qu'il existait "de fortes présomptions de faits de corruption passive" à l'encontre de M. Strauss-Kahn dans l'affaire Lagerfeld. Mais cette opinion n’avait pas été suivi par le procureur général de la Cour de cassation, Jean-François Burgelin, qui avait décidé de ne pas saisir la Cour de justice de la République.
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