Jeux Olympiques 2008 : J - 1

Par , le 12 juillet 2001 à 07h47 , mis à jour le 12 juillet 2001 à 08h00

Paris, Pékin, Toronto, Istanbul ou Osaka... le Comité international olympique désignera demain la ville qui accueillera les JO 2008. Si Pékin part favori, la question récurrente du respect des droits de l'homme pourrait changer la donne au moment du vote à Moscou. Jospin, Delanöe et Zidane vont prêter main forte à la délégation française.

jo © INTERNE

Le compte à rebours est lancé. Demain, les membres du Comité international olympique (CIO) seront appelés à désigner, "en leur âme et conscience", qui des villes encore en compétition accueillera les Jeux olympiques de 2008. Sont encore en lice Paris, Toronto, Osaka, Istanbul et Pékin. Si la capitale chinoise part favorite rien n'est encore joué.

Et la France prépare activement son grand oral. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, est arrivé hier soir à Moscou pour soutenir la délégation française : je suis prêt au "combat sportif". "Il faut tout mettre en œuvre pour réussir", a-t-il déclaré. Le président du Conseil régional d'Ile de France Jean-Paul Huchon et le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) Henri Sérandour sont arrivés avec M. Delanoë. Ce soir, la délégation française doit encore s'étoffer avec l'arrivée du Premier ministre Lionel Jospin, du ministre de la Jeunesse et des Sports Marie-George Buffet et du joueur de football Zinedine Zidane.

Pékin sur la sellette

Depuis quelques jours, la pression monte autour de la candidature de Pékin et de la délicate question des droits de l'Homme en Chine. La Chine a déjà perdu les JO en 2000 face à Sydney, pour la même question. L'interpellation hier matin à Moscou par la police russe d'une dizaine de défenseurs de la cause tibétaine qui entendaient protester contre une éventuelle désignation de Pékin, n'a pas arrangé les affaires du comité organisateur chinois. Cette question des droits de l'Homme en Chine avait resurgi à nouveau mardi à Washington avec la demande de parlementaires américains, opposés à la candidature de Pékin, "de programmer un vote avant qu'il ne soit trop tard", accusant le CIO d'être pris en otage par des intérêts financiers et politiques.

Réponse : "Cette question revient régulièrement mais je vous répète que le peuple chinois a aussi des droits comme celui d'avoir enfin les Jeux, a indiqué Lui Jingmin, vice-président du comité de candidature. Confier les Jeux à Pékin permettrait au contraire d'aider au développement des droits de l'Homme. La Chine a besoin de s'intégrer et plus de 90% de Chinois veulent ces Jeux. Ils ne se soucient pas de ce que font les politiciens."

"Question cruciale"

Mais de part et d'autre, on se garde de tout triomphalisme. "C'est une question cruciale mais qui en l'occurrence se pose aux membres du CIO et pas à nous. Je ne m'occupe pas de la situation des autres villes candidates, confie ainsi Claude Bébéar, président du comité Paris 2008. Nous menons notre action sans tapage, avec sérieux, en expliquant que Paris représente les valeurs de l'Olympisme et du sport, définies dans la Charte olympique". Quant à John Bitove, le dynamique responsable de Toronto, il s'est borné mercredi à faire preuve de fair-play. "Au Canada comme en France, les droits de l'Homme et la liberté d'expression sont respectés", a-t-il dit.

Par Alexandra Guillet le 12 juillet 2001 à 07:47
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