Les médecins "boy-scouts" de Roissy

Par Matthieu DURAND , le 03 juillet 2001 à 18h39 , mis à jour le 02 juillet 2001 à 18h50

L'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, en région parisienne, abrite un cabinet médical fonctionnant 24h/24 et sept jours sur sept. Il accueille des patients parmi les 49 millions de voyageurs qui fréquentent l'aéroport et les 68.000 salariés qui y travaillent. Première partie du reportage de tf1.fr

roissy centre médical avion santé 02 © INTERNE

Avec une fréquentation annuelle de 49 millions de passagers, l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, en région parisienne, abrite certainement le cabinet médical avec la plus importante clientèle de France. Fonctionnant 24h/24 et 7j/7, il s’y pratique chaque jour en moyenne 68 soins infirmiers, 63 consultations et 14 vaccinations.

Premières interventions


Le docteur Philippe Bargain.
Le service médical de l’aéroport compte deux centres médicaux, l’un à Roissy 1 et l’autre à Roissy 2. Ils abritent un total de huit chambres et le matériel de base pour procéder aux premières hospitalisations et pour médicaliser les patients les plus graves en attendant leurs prises en charge par le Samu. Dans chaque centre, un médecin de garde, un infirmier (deux à Roissy 1) et un ambulancier assurent des permanences de 24 heures. L’assistance médicale fournie par le centre de soins coûte seulement 42 centimes par passagers… Le service génère 5 millions de francs de recettes annuelles. Les soins sont payants (sur la base des tarifs pratiqués par les médecins généralistes) et remboursés par la Sécurité sociale. Les mêmes niveaux d’honoraires sont réclamés aux patients, quelle que soit leur nationalité. "Quand ils ne peuvent pas payer, on s’assoit dessus !", déclare avec philosophie Philippe Bargain, chef du service médical d’urgence et de soins de l’aéroport de Roissy depuis 1985.

Ouvrages de médecine et atlas

"La médecine aéroportuaire est une médecine de boy scout", assène le docteur Bargain. La présence même d’un centre de soins au sein d’un aéroport est une spécificité française, qui a peu d’équivalent dans le monde. "Il faut intégrer le diagnostic dans la situation du patient, sa culture, ses origines…", poursuit le médecin en chef, qui se réfère en permanence aux ouvrages de médecine et à… l’atlas. Le dialogue est fondamental, ce qui n’est pas toujours simple quand le malade ne parle ni français, ni anglais. D’ailleurs, les employés africains qui travaillent à Roissy font parfois office d’interprètes.

Les 68.000 employés de la plate-forme aéroportuaire constituent la majorité des patients du centre médical (60%) ; les autres consultants sont les voyageurs (30%) et les visiteurs (10%), venus des environs ou de passage. "Nous passons en revue tout l’éventail de la pathologie humaine. Cela va de l’oubli d’un traitement à l’infarctus", indique le docteur Bargain.

Un à deux accouchements par an

L’équipe médicale de Roissy procède même à un ou deux accouchements par an. Le bébé hérite souvent du prénom du médecin présent. En revanche, s’il naît dans un avion, il ne bénéficiera pas de vols gratuits à vie, contrairement à une rumeur tenace. Par ailleurs, avec les services religieux de l’aéroport, l’équipe assiste les familles lors des décès (31 par an). "Nous laissons se développer la peine en fonction des cultures de chacun", insiste Philippe Bargain.

Plus anecdotique : les consultations des employés qui travaillent sur le site augmentent lors des grèves. Une façon d’échapper à la pression croisée des syndicats et de la direction…

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Par Matthieu DURAND le 03 juillet 2001 à 18:39
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