Mutinerie maîtrisée à la prison de Grasse

Par , le 31 juillet 2001 à 15h05 , mis à jour le 30 juillet 2001 à 12h18

Une mutinerie a éclaté lundi matin à la prison de Grasse, dans les Alpes-maritimes, nécessitant l'intervention des forces de l'ordre. Parmi la centaine de mutins ayant causé d'importants dégâts matériels, une quinzaine seraient blessés, dont plusieurs très grièvement.

prison grasse © INTERNE

Lundi, neuf heures ce matin, les détenus font leur promenade. Comme tous les jours. Mais depuis la veille, la tension monte dans l'établissement : un détenu mineur est mort au "mittard" après avoir mis le feu à son matelas. D'un coup, la mutinerie éclate. Une centaine de détenus - sur les 570 que contient la prison- se met à jeter des pierres. "Certains ont commencé à casser les guérites dans lesquelles se trouvaient des surveillants, qui ont aussitôt quitté leur poste, impuissants. Les autres sont restés dans les cours de promenade ou sont montés un peu partout, sur les toits et dans les bâtiments..." témoigne Jean-Luc Bresteau, secrétaire régional adjoint Ufap, interrogé par tf1.fr. "Certains détenus ont même tenté de lancer des grappins sur les murs d'enceinte" pour s'enfuir, indique une autre source pénitentiaire.

Au moins 10 blessés, plusieurs gravement

Malgré trois sommations à balles réelles tirées par des surveillants depuis les miradors de la prison, les mutins, révoltés après la mort de leur co-détenu, s'attaquent à tout ce qui les entoure. Etant donné les événements du week-end, le chef de l'établissement avait demandé aux gardes mobiles de se mettre en pré-alerte. "Devant la violence des détenus, il a décidé l'évacuation immédiate de l'ensemble des personnels du pénitentier, explique Jean-Michel Juan, délégué régional Force ouvrière de la région PACA, également contacté par la rédaction. Le préfet prévenu, 80 CRS et 80 gardes mobiles ont été dépêchés sur place pour rétablir l'ordre". "Des membres du GIPN sont également intervenus", complète Jean-Luc Bresteau. Joint vers 17 heures, il nous explique que si à l'origine on parlait d'une dizaine de détenus blessés, il y en a plus maintenant. "Les affrontements entre les détenus et le GIPN ont été très violents. En fait, on en est au moins à quinze ou vingt détenus évacués vers les hopitaux. Plusieurs d'entre eux ont été blessés grievèment à coups de matraques et de balles en plastiques. L'un d'entre eux a été évacué en hélicoptère. Ses jours sont en danger".

Importants dégâts matériels


Des détenus ont mis le feu à leur cellule-
En début d'après-midi, tous les détenus avaient regagné par la force leurs cellules. Les surveillants ont demandé le transfert immédiat vers d'autres maisons d'arrêt d'une partie des meneurs. En l'espace de quelques heures, les prisonniers ont causé d'importants dégâts. "Les locaux de l'infirmerie ont été complétement détériorés, détaille Jean-Michel Juan. Au permier étage du bâtiment B, toutes les portes ont été enfoncées ou cassées". Jean-luc bresteau avoue pour sa part qu'il n'a "jamais vu cela en dix ans passés à Grasse". "Deux bâtiments sur les trois sont sans dessus-dessous. Il y a des trous partout, tous les fils sont coupés, les grillages arrachés, les portes défoncées". Et d'expliquer, désabusé : "Nos services auraient commis une faute, je ne dis pas. Mais là, on n'a rien pu faire pour le petit. On l'a sorti de sa cellule, un collègue lui a fait du bouche-à-bouche en attendant les secours, il est sorti en mauvais état mais vivant de l'établissement. On avait fait notre boulot correctement". Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances du déclenchement de cette mutinerie. Une autre sur les circonstances du décès du jeune détenu.

Tentative d'évasion manquée à Albi
Un détenu incarcéré à la maison d'arrêt d'Albi a réussi lundi matin à fausser brièvement compagnie aux policiers qui le conduisaient à l'hôpital de la ville. Incarcéré depuis le mois de mars dans la cadre d'une affaire de stupéfiants instruite par un juge d'instruction de Toulouse, ce détenu, âgé de 37 ans, a simulé un malaise alors qu'il était escorté par un groupe de policiers à l'hôpital, où il devait subir un scanner. Profitant de la confusion, il a réussi à s'enfuir en courant, menottes aux poignets. Il a été rattrapé quelques minutes plus tard par les policiers, alors qu'il était caché sous un escalier dans une rue du centre d'Albi. Considéré par l'administration pénitentiaire comme un "candidat potentiel à l'évasion", ce détenu avait été placé en mars à l'isolement à la maison d'arrêt d'Albi mais était détenu depuis dans des conditions normales. La maison d'arrêt d'Albi accueille une centaine de détenus pour un effectif de 26 surveillants.

Par Alexandra Guillet le 31 juillet 2001 à 15:05
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