© AFPCe n'était qu'une simple "expérimentation". Une alternative au "tout voiture" prévue jusqu'au 15 août. Mais c'est un euphémisme de dire que l'initiative de l'équipe Delanoë est loin de faire l'unanimité au sein des automobilistes contraints de traverser la capitale.
La fermeture des berges de la Seine, lancée depuis le 15 juillet à Paris a entraîné bon nombre d'embouteillages - inédits en cette période d'ordinaire creuse. La neutralisation de 4,5 kilomètres de la rive droite, dans le cœur historique de la ville, a suffi pour mettre le feu aux poudres. Après la colère des artisans taxis et autres membres de la Fédération française des Automobile-clubs - sans compter l'automobiliste lambda -, les élus de droite de l'Hôtel de Ville prennent le relais et dénoncent une opération "mal préparée" destinée à "faire plaisir" aux turbulents élus Verts.
Aux turbulent élus Verts, mais pas aux Verts Franciliens, semble-t-il… Sylvie Bouleau, conseillère écologiste d'Ile-de-France, n'a pas hésité à accuser Denis Baupin, l'adjoint Vert aux Transports du maire de Paris, d'avoir "fait naître un concept nouveau : celui du vert caviar". "L'interdiction des voitures pendant un mois cet été sur une partie de la rive droite est un de ces exemples d'écologie partielle, parcellaire et partiale dont j'espérais que Chirac seul était capable", a-t-elle soutenu.
"Souplesse et réactivité…"
A droite, on prend le dossier à bras-le-corps. Le député et conseiller (RPR) de Paris Pierre Lellouche cherche à mettre en porte-à-faux les élus écologistes. Selon lui, la fermeture des voies sur berges ne "peut qu'accroître dangereusement les risques de pollution atmosphérique". Une mesure "démagogique, extrémiste et irresponsable qui ne consiste qu'à opposer automobilistes et piétons", ajoute Jean Tiberi, l'ancien maire de Paris, qui demande son arrêt immédiat. Face à ce déluge de critiques, l'équipe de Bertrand Delanoë ressert les rangs. La nouvelle municipalité n'a "aucune leçon de concertation à recevoir" de Jean Tiberi, lance Anne Hidalgo, la première adjointe (PS) au maire. Pour Denis Baupin, il serait "absurde" et "prématuré" de renoncer à une expérience au bout de trois jours.
Mais, passées les rodomontades d'usage, le staff municipal est conscient de l'effet désastreux que pourrait avoir l'opération sur les Parisiens. Quelques mois seulement après son accession à l'Hôtel de Ville. Certains, comme Patrick Bloche, président du groupe PS et radical de gauche au Conseil de Paris, commencent déjà à lâcher du leste. "Souplesse et réactivité dans la mise en œuvre de mesures révolutionnaires pour Paris doivent permettre avec une concertation permanente, de rompre progressivement avec les mauvaises habitudes prises dans la capitale depuis vingt ans". En somme, le message est clair : à l'Hôtel de Ville, on veut se montrer à l'écoute, sans pour autant remettre en cause un des premiers projets de l'équipe Delanoë. Il y a quelques mois, le slogan de campagne, c'était le "changement d'ère".
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