© INTERNEL’honneur ou la liberté. A l’issue de sa nouvelle condamnation à l’issue de son procès en révision pour les meurtres d’Alexandre et de Cyril en 1986 à Montigny-lès-Metz, Patrick Dils était confronté à un dilemme. La nouvelle loi lui permet en effet de faire appel du verdict de la cour d’assises des mineurs de la Marne. Un tel choix, qui permet un nouveau procès - le troisième en l’occurrence - lui laisse l’espoir d’un acquittement, réclamé par l’avocat général. Mais dans ce cas, la condamnation n’est pas définitive. Conséquence : aucun calcul de remise de peine ne peut être effectué. Le détenu doit alors attendre en prison avant de comparaître devant un nouveau jury. C’est la solution de l’honneur pour celui qui se disait vendredi soir encore "réellement innocent" des faits qui lui sont reprochés.
Seconde solution : celle de la liberté, à court terme. En l’absence d’un appel, l'administration pénitentiaire calcule les remises de peine et les grâces auxquelles le condamné a droit. Compte tenu des quatorze ans et trois mois déjà effectués, Patrick pourrait sortir avant la fin de l’année. Ayant déjà purgé plus de la moitié de la sentence, il peut aussi prétendre à une libération conditionnelle. Vendredi soir, ses défenseurs qualifiaient cette voie de "sortie de prison par la petite porte".
Libération dans quelques semaines malgré l’appel ?
Après une journée de réflexion, Patrick Dils a donc choisi la première solution. L’un de ses deux représentants, Me Jean-Marc Florand, annonçait ainsi dans Le Parisien de dimanche qu'il allait " faire appel dès demain lundi pour que Patrick Dils soit jugé une troisième fois et qu'enfin il soit acquitté (...) Il y aura donc un troisième procès d'assises". L'appel a été officiellement déposé lundi matin.
Soulignant que cette décision a été prise en accord avec le bâtonnier Bertrand Becker, qui représente également le condamné, Me Florand estime que l'appel "ne devrait pas empêcher la libération de (leur) client. Elle pourrait devenir automatique dans les semaines qui viennent car (...) la détention provisoire ne peut excéder deux ans dans les affaires de mineurs (...). Nous espérons qu'il sera libre dans les mois qui précéderont ce troisième procès". Il souligne que "les réquisitions de l'avocat général qui a demandé l'acquittement nous encouragent dans notre démarche. Patrick Dils doit absolument être rejugé et je n'envisage pas une seule seconde qu'il y aura une troisième condamnation".
Reste désormais à fixer la date de cette troisième comparution en assises. Me Florand juge qu’elle pourrait se tenir "dans l'année qui vient" et que l'audience pourrait être "publique" - une procédure exceptionnelle dans une cour d’assises des mineurs (ndlr : Patrick Dils n’avait que 16 ans au moment des faits). A moins bien sûr d’un nouveau rebondissement dans une affaire qui n’en manque décidément pas.
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