© INTERNEEn plein processus de Matignon censé arriver à échéance en 2004 avec la dévolution de pouvoirs réglementaires et législatifs à l’assemblée territoriale corse, l’Ile de beauté est revenue à la une de l’actualité et au cœur du débat politique. Chronologie…
6 juillet : les CRS pris pour cible
Un attentat touche une caserne de CRS en construction à Furiani, près de Bastia. Pas de blessé.
23 juillet : au tour des gendarmes mobiles
Un explosif de forte puissance surprend les gendarmes mobiles de Borgo pendant leur déjeuner. On déplore quatorze blessés légers. Une cinquantaine de tracts en langue corse demandant la libération des détenus nationalistes sont trouvés aux abords de la caserne.
28 juillet : défilé nationaliste à Bastia
Trois cents nationalistes défilent pour «exiger la restitution au peuple corse de ses droits nationaux». Elu nationaliste de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni explique que "le processus est en panne, non pas du fait des nationalistes ni des élus de la Corse. C'est Paris qui n'a pas encore fait sa part de chemin". Il fait de la demande de regroupement des "prisonniers politiques corses", la "question numéro un".
31 juillet : nouveau préfet et lettres piégées …
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Le Conseil des ministres surprend tout le monde en remplaçant le préfet de Corse, Jean-Pierre Lacroix, par Dominique Dubois. Salué pour son action, Lacroix est « promu » en région centre. En début de soirée, on apprend que Jean-Guy Talamoni et l'avocate Marie-Hélène Matteï, ex-compagne de François Santoni ont reçu des colis piégés, désamorcés par la police. Les enquêteurs précisent que la charge envoyée à Maître Matteï était susceptible de tuer ou de blesser gravement et que l'envoi de colis piégé est "rarissime" en Corse. Le nom de François Santoni est cité dans l’affaire.
1er août : Le FLNC refuse de tout endosser
La principale organisation clandestine revendique sept actions, notamment contre des villas de gendarmes et contre la "spéculation immobilière". Mais la liste ne mentionne pas les deux principaux attentats récents de Furiani et de Borgo. Le FLNC accrédite ainsi la thèse selon laquelle ces deux opérations pourraient être le fait de factions rivales ou dissidentes.
2 août : Erignac, enquête terminée sauf pour Colonna
La justice annonce avoir bouclé l’enquête sur l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, en février 1998. Mais les recherches continuent pour retrouver l'assassin présumé Yvan Colonna, toujours en fuite.
3 aout : Les nationalistes en symposium
La 20ème édition des "journées internationales" de Corte, traditionnel forum estival des nationalistes corses, s’ouvre dans la capitale historique de la Corse. Organisés par la coalition d'élus Corsica Nazione, le parti Indipendenza (regroupant quatre formations dont la principale, la Cuncolta) et la plate-forme Unita (six organisations dont Indipendenza), les débats doivent porter sur la question des «prisonniers politiques». Le matin même, deux nationalistes, soupçonnés d'être proches du groupe clandestin Armata Corsa, sont interpellés dans l'enquête sur l'attentat au lance-roquette, le 17 août 2000, contre la sous-préfecture de Sartène.
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5 août : Talamoni déclenche la polémique
En guise de conclusion des journées nationalistes, Jean-Guy Talamoni frachit un pas : "Aujourd'hui, de notre propre autorité, nous mettons à l'ordre du jour la question de la libération de tous les prisonniers politiques corses" (détenus dans des affaires de terrorisme).
6 août : les Verts mettent les pieds dans le plat
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Emboitant le pas à Jean-Luc Benahmias, présent à Corte, Alain Lipietz, candidats des Verts à l'élection présidentielle plaide pour une amnistie en faveur des nationalistes corses, estimant que "cela ne se discute même pas". "J'ai 53 ans, donc j'ai vécu la guerre d'Algérie, et je sais très bien comment ça s'est terminé. Que ce soit ceux qui avaient aidé le FLN ou ceux qui avaient aidé l'OAS, ils ont été amnistiés » ajoue Lipietz. Ses propos font l’effet d’une bombe au sei même des Verts. "Parler de guerre civile et comparer la Corse à l'Algérie comme le fait Alain Lipietz me paraît déplacé" lâche Noël Mamère, opposé à toute amnistie pour les crimes de sang.
7 août : Voynet calme le jeu
Fraîchement rentrée de vacances, la secrétaire nationale des Verts tranche : "L'amnistie n'est pas d'actualité. C'est un sujet qui sera peut-être débattu dans quelques années par les parlementaires auxquels il revient d'examiner une éventuelle loi d'aministie pour parachever un processus de paix".
9 août : Jospin clôt le débat
Devant la polémique qui enfle et pour répondre aux crainte de la veuve du préfet Erignac, un communiqué de Matignon réaffirme qu'une amnistie en faveur des nationalistes corses "ne pourrait jamais intervenir pour les assassins du préfet Claude Erignac".
17 août : Santoni victime d’un «guet-apens»
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Un peu plus d’un an après l’assassinat non élucidé de son ami Jean-Michel Rossi, l’une des grandes figures du nationalisme corse est assassiné à Monacia-d'Aullène. La classe politique doute de plus en plus des chances d’aboutir du processus de Matignon.