Appliqué, pédagogue... et sans enthousiasme

Par Franck LEFEBVRE , le 29 août 2001 à 08h00 , mis à jour le 29 août 2001 à 08h29

De la question corse à l'insécurité, Jospin n'a éludé aucun sujet. Mais il n'a guère soulevé la passion. Les personnalités du PS soulignent son côté pédagogue et efficace, une partie de la gauche plurielle étale sa déception, et la droite dénonce une intervention qui "passe à côté des attentes des Français".

jospin discours © INTERNE

 Cliquez ici pour retrouver l'intervention du Premier ministre au journal de 20 heures de TF1     

Le volet politique de l’intervention de Jospin : retrouvez notre article : "La sécurité est la deuxième priorité du gouvernement"

Le volet économique : retrouvez notre article : "Cette politique est juste économiquement"

Fidèle à son image, didactique et professoral tout au long de ses trois quarts d’heure d’intervention sur TF1, Lionel Jospin, mardi soir, n’a pas vraiment suscité l’enthousiasme. Au sein de la majorité plurielle, il n’y a guère que le parti socialiste pour lui accorder un franc soutien. Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, décerne un satisfecit au "vrai capitaine, lucide, expérimenté et déterminé sur la route à poursuivre" qu’est Jospin à la barre de l'Etat. Michel Sapin, ministre de la Fonction publique, juge le Premier ministre "lucide, pédagogique, volontaire et convaincant". Jean-Michel Baylet, président du PRG, estime que "Lionel Jospin s'est montré clair, sincère et efficace".

Les autres réactions à gauche vont du soutien sans enthousiasme à la critique acerbe. Si Alain Lipietz, candidat des Verts à la présidentielle de 2002, estime que l'intervention de Lionel Jospin relevait avant tout de "l'explication de texte", Jean-Pierre Chevènement juge pour sa part que "ce que propose le Premier ministre n'est pas à la hauteur des problèmes posés". Et pour le communiste Jean-Paul Magnon, "les propos du Premier ministre confirment le décalage persistant entre ses intentions et les attentes des Françaises et des Français." Sur le thème de la Corse, l'ancien ministre Emile Zuccarelli (PRG) note que "le gouvernement ne pourra pas différer éternellement la consultation de la population insulaire sur le processus en cours".

"Méthode Coué"

A droite, on fustige un Premier ministre-candidat non déclaré qui n’a rien à proposer : pour l’UDF Christine Boutin, "le Premier ministre n'a, à aucun moment, pu répondre aux attentes des Français" qui "ont besoin d'objectifs clairs et de confiance dans ceux qui briguent les plus hautes responsabilités de l'Etat". Hervé de Charette, président délégué de l'UDF, estimé que Lionel Jospin a "raté" sa rentrée politique, en apparaissant "usé par le pouvoir" et "obsédé par la défense de son bilan". Jean-François Mattei, président du groupe Démocratie libérale à l'Assemblée nationale, accuse le Premier ministre de recourir à la "méthode Coué" pour masquer "un constat d'impuissance".

Pour Charles Pasqua, président du RPF, "le Premier ministre a fait le catalogue des impuissances de l'exécutif." Philippe de Villiers, président du MPF, estime de son côté que "la prestation de Lionel Jospin était mauvaise, le Premier ministre est apparu tendu comme une corde à piano. Son discours était exclusivement défensif". Enfin Bruno Mégret, président du MNR "se déclare scandalisé de l'impuissance du Premier ministre face à la montée de l'insécurité".

Photo d'ouverture : Lionel Jospin lors de son intervention sur TF1 - DR

Par Franck LEFEBVRE le 29 août 2001 à 08:00
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