Corse : la classe politique divisée

Par PM , le 06 août 2001 à 19h17 , mis à jour le 06 août 2001 à 19h28

La gauche ne perçoit pas la revendication nationaliste d'une "libération" des détenus corses pour affaires de terrorisme comme une menace pour le processus de Matignon, alors que la droite y voit au contraire un coup fatal porté à la politique gouvernementale dans l'Ile de Beauté.

Vignette Corse 3 © INTERNE

L'entourage du Premier ministre Lionel Jospin s'est refusé à voir dans la demande nationaliste, exprimée avec force dimanche par Jean-Guy Talamoni, l'un des chefs de file des nationalistes, lors de leur réunion annuelle à Corte, un chantage exercé sur le gouvernement : "on ne peut pas parler de chantage, car les nationalistes n'ont pas rompu le processus".

"La question de l'amnistie n'est pas à l'ordre du jour"

Quel avenir pour la Corse ?
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Les prises de position des nationalistes corses ne représentent "aucun danger" pour le processus de Matignon qui va poursuivre sa phase parlementaire à la rentrée au Sénat, a affirmé le député PS Bruno Le Roux. "C'est un peu normal que dans des réunions comme ça le ton soit haussé de la part des nationalistes. Pour le reste, j'ai bien noté qu'il y avait en même temps l'expression du fait qu'ils ne souhaitaient pas sortir du processus de Matignon", a déclaré M. Le Roux, rapporteur du projet de loi sur la Corse à l'Assemblée nationale. La question de l'amnistie des prisonniers corses "n'est pas à l'ordre du jour" et, de toute façon, elle ne pourrait en aucun cas s'appliquer aux assassins du préfet Claude Erignac, a insisté le porte-parole du PS, Vincent Peillon, répétant ce qu'a dit à maintes reprises M. Jospin.

Au sein de la majorité, Jean-Luc Bennahmias, qui représentait les Verts à Corte, est allé plus loin en estimant que l'amnistie "n'est pas quelque chose qui est en soit impossible" mais au terme du processus de Matignon. "Si le processus aboutissait, je ne vois pas comment" on pourrait ne pas inclure le "commando Erignac" dans une éventuelle amnistie, a même affirmé M. Bennahmias. Les déclarations de MM. Talamoni et Bennahmias ont fait vivement réagir les opposants à la démarche de Matignon.

"Nous allons probablement dans le mur"

Chez les chevènementistes, le président du MDC Georges Sarre a estimé que "le gouvernement est placé devant une alternative simple : ou bien il cède encore et toujours aux surenchères et menaces, ou bien il décide d'y mettre un terme". "Les propos de Jean-Guy Talamoni, plus les propos de Jean-Luc Bennahmias, plus la reprise des attentats (en Corse) laissent entendre que les accords de Matignon sont dans une phase extrêmement difficile, et que nous allons probablement dans le mur", a déclaré de son côté le porte-parole de DL Claude Goasguen.

Le conseiller politique du RPR Patrick Devedjian a jugé pour sa part que les exigences nationalistes, "inacceptables par n'importe quel gouvernement", ont "signé l'acte de décès des accords de Matignon". Le président du Front national Jean-Marie Le Pen, s'est "indigné" que "le gouvernement français reste sans voix après la nouvelle provocation" du dirigeant nationaliste.

Par PM le 06 août 2001 à 19:17
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