© INTERNEUn peu plus d'un an après les accords de Matignon, le gouvernement se trouve confronté à une nouvelle pression des nationalistes qui réclament avec force la "libération" des détenus corses incarcérés pour des affaires de terrorisme. Dimanche à Corte, l'un des chefs de file nationalistes Jean-Guy Talamoni a prévenu qu'ils allaient "poser ce problème avec force" lors de prochaines discussions avec le gouvernement, sans toutefois exprimer une quelconque intention de rompre le processus de Matignon engagé en décembre 1999.
De sorte que dans l'entourage du Premier ministre Lionel Jospin, on a récusé lundi tous les commentaires analysant cette revendication comme un chantage exercé sur le gouvernement ou comme la condamnation du processus de Matignon. "On ne peut pas parler de chantage, car les nationalistes n'ont pas rompu le processus", a-t-on commenté. Néanmoins, ses adversaires -qu'ils soient de gauche ou de droite- ont donné de la voix pour dénoncer un chantage inacceptable et pronostiquer la mort de la démarche gouvernementale.
Haute tension
| Quel avenir pour la Corse ? Exprimez-vous dans notre forum |
Cette question de l'amnistie est sous-jacente depuis le lancement du processus. Si dans un premier temps, les élus nationalistes ont accepté de la mettre en sourdine, elle a toujours été au centre de leurs préoccupations. En décembre 1999, M. Jospin avait d'ailleurs reconnu que le problème se poserait à un moment, en expliquant que c'était "comme le paiement des jours de grève", c'est-à-dire qu'on en discute en fin de processus.
Le 27 juin 2000, en marge d'une des réunions hebdomadaires entre élus insulaires et représentants du gouvernement, la question d'un regroupement des détenus corses avait été abordée. Les nationalistes demandaient un regroupement dans la prison de Borgo, près de Bastia. Ce qui a toujours été refusé par le gouvernement. Le 3 octobre 2000, M. Jospin avait fait un geste en soulignant qu'il était possible de transférer dans le Sud les détenus condamnés définitivement qui en feraient la demande. A ce jour, les prisons du continent accueillent 43 détenus corses, dont huit condamnés définitivement. Six d'entre eux ont été transférés dans le Sud.
Qui se cache derrière les attentats ?
A maintes reprises, M. Jospin a affirmé que l'amnistie n'était "pas à l'ordre du jour". Ce qui laisse supposer qu'elle pourra l'être à un moment. Vendredi, dans le Var, le ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant n'a pas dit autre chose. Mais M. Jospin s'est fixé une limite infranchissable : les assassins du préfet Claude Erignac ne pourront jamais en bénéficier. Une affirmation que ne partage pas le Vert Jean-Luc Bennahmias.
Plus que les déclarations de Corte, le gouvernement s'inquiète de la recrudescence des attentats dans l'île que nombre de sources gouvernementales imputent aux clandestins opposés au processus. "La question est de savoir jusqu'à quel degré de violence ils sont prêts à aller", confiait lundi l'une d'elles, en notant que les colis piégés envoyés à M. Talamoni ou à l'avocate nationaliste Marie-Hélène Mattéi ou l'attentat contre une gendarmerie auraient pu faire des victimes. Certains craignaient d'autres actions dans les jours à venir. Il y aura un an mardi que le nationaliste Jean-Michel Rossi était tué à la terrasse d'un café.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




