© INTERNELa Corse divise non seulement la gauche plurielle, mais les Verts eux-mêmes. Les déclarations respectives de Jean-Luc Benhamias et Alain Lipietz sur l'amnistie en faveur des nationalistes corses sont loin d'avoir fait l'unanimité au sein du parti écologiste. Ce matin, Noël Mamère a affirmé sur plusieurs médias son désaccord sur la question, expliquant notamment au Figaro qu'elle ne pourra "en aucun cas concerner les crimes de sang". Sur LCI, le député-maire de Bègles est allé plus loin, estimant que les déclarations de Lipietz et Benhamias créaient un "sujet de crise et de rupture au sein des Verts".
Benhamias et Lipietz pour une amnistie totale
Jean-Luc Benhamias, ancien secrétaire général du parti, avait mis le feu au poudre lundi, en déclarant que "Le processus de Matignon serait en difficulté (…) si on ne reconnaît pas aux prisonniers le statut de prisonnier politique", ajoutant que "si le processus aboutissait", il ne voyait pas comment on ne pourrait pas inclure le "commando Erignac" dans une éventuelle amnistie. "Si je me rapporte au processus irlandais, en Irlande, l'amnistie a été totale même pour les crimes de sang les plus abominables, les plus condamnables".
Mardi, Alain Lipietz, candidat des Verts à l'élection présidentielle, avait enfoncé le clou, en soutenant l'opinion de Benhamias : "J'ai 53 ans, donc j'ai vécu la guerre d'Algérie, et je sais très bien comment ça s'est terminé. Que ce soit ceux qui avaient aidé le FLN ou ceux qui avaient aidé l'OAS, ils ont été amnistiés. Dans l'histoire, quand on termine une guerre civile, il y a amnistie".
Tollé général
Noël Mamère n'a pas été le seul à exprimer son désaccord. La député Marie-Hélène Aubert a déclaré hier : " Je me battrai contre cette position car je trouve cela inadmissible". Mardi soir, lors d'une réunion publique à Bessancourt, dans le Val d'Oise, Alain Lipietz a été pris à parti par des élus verts : "C'est une insulte aux familles des victimes et une incitation aux criminels. Tuez, tuez, vous serez amnistiés. Je ne voterai pas pour vous", lui a ainsi dit une élue du conseil municipal de Bessancourt.
La veuve Erignac choquée
Indirectement, Dominique Erignac a répondu à Alain Lipietz, mardi soir, sur les ondes de France Inter :"Ma première réaction, c'est une très grande tristesse, et une grande révolte, je suis scandalisée par tout ce qu'il se passe". La veuve du préfet de Corse assassiné en février 1998 a également rappelé : "On n'est pas en guerre, on compare quelque chose lié à la guerre d'Algérie, ça n'a rien à voir, ça n'est pas des prisonniers politiques, ce n'est pas de la politique, c'est quelque chose qui se passe entre les Corses, ils s'entretuent entre eux. Il faut vraiment faire quelque chose car les choses sont allées trop loin"
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