© INTERNEMinimiser l'événement. Sollicité dans la cour de Matignon par les journalistes, pressé par
une bonne partie de la classe politique , Lionel Jospin s'est exprimé jeudi pour la première fois depuis plusieurs semaines sur la question corse, tout en considérant qu'il y avait "beaucoup d'autres sujets à traiter". Le Premier ministre maintient le cap : la "démarche" du gouvernement pour la Corse "doit se poursuivre", a-t-il soutenu, en assurant que cela "impliquait le rejet, la condamnation, le refus de la violence et de la criminalité"."La démarche proposée par le gouvernement doit se poursuivre, parce qu'elle a été approuvée massivement par les élus de la Corse et aussi par l'Assemblée nationale", a-t-il dit. "C'est une démarche qui est fondée sur le dialogue, la transparence, l'appel à l'esprit de responsabilité, et des réformes aussi au sein de la République pour le développement de l'île.
Jeudi, c'est aussi la date de qu'a choisie le chef de file nationaliste Jean-Guy Talamoni pour sortir de son mutisme. En utilisant les mêmes mots que le Premier ministre. "Il faut absolument poursuivre" le "processus de dialogue institutionnel", a-t-il affirmé dans un entretien au quotidien suisse
Le Temps.Devoir de "responsabilité"
Le Premier ministre a insisté sur le fait que chacun devait "prendre part" au processus "dans la responsabilité". "Il faut toujours chercher des démarches positives". Il a refusé de répondre à une question sur la demande de certains responsables de l'opposition (Debré et Pasqua en tête, ndlr) d'un référendum ou d'une dissolution de l'Assemblée de Corse.
Quelques minutes plus tôt, le Premier ministre s'était entretenu avec Jacques Chirac à l'occasion de leur traditionnel entretien avant le Conseil des ministres. Les deux hommes,
promis à une lutte sans merci d'ici à 2002 , auraient évoqué la situation corse, sans que l'on connaisse la tonalité de l'entretien. Tout au plus apprend-t-on que les retrouvailles "se sont passées de la manière la plus normale", selon le ministre de la Recherche, Roger-Gérard Schwartzenberg (PRG)."Accentuer la lutte contre la criminalité organisée" en Corse
Seule la garde des Sceaux, Marylise Lebranchu, a abordé le dossier Corse avec les journalistes : "Je dirai deux choses simples, d'abord ça (les derniers assassinats, ndlr) montre que tout ce qui va se passer avec le processus de Matignon est plus que jamais nécessaire et que l'Etat - police, gendarmerie, justice dont je suis responsable - doit continuer à accentuer la lutte contre la criminalité organisée".
Pour le reste, c'est le service minimum de la part des autres ministres. La consigne de discrétion donnée par Matignon est observée à la lettre. "Je ne sais pas quels sujets fâchent. C'est la rentrée, on est tous détendus, en forme" a simplement lâché le ministre des Affaires européennes, Pierre Moscovici.
Période critique
Or, à huit mois de l'élection présidentielle, iLionel Jospin veut éviter les ratages des deux années précédentes. Le Premier ministre veut communiquer sur des thèmes considérés comme plus proches des préoccupations des Français, notamment dans le domaine économique et social en cette période de ralentissement de la croissance mondiale.
Parmi les chantiers du gouvernement, M. Jospin a ainsi évoqué "le pilotage économique dans une conjoncture internationale plus incertaine, la poursuite du processus des 35 heures, les problèmes de sécurité, le dialogue social". Autant de sujets qui seront à l'ordre du jour de la première réunion du gouvernement vendredi à Matignon. Une intervention à la télévision est d'ailleurs envisagée dès la semaine prochaine, avant son traditionnel discours à l'université d'été du PS à La Rochelle le dimanche 2 septembre. Dans les milieux gouvernementaux, certains considèrent en effet qu'un candidat à l'Elysée ne doit pas faire sa rentrée politique devant les seuls militants socialistes.
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