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Face à la pollution qui touche les villes françaises et plus particulièrement l'Ile-de-France depuis quelques jours, certaines mesures ont déjà été prises. Mais elles sont peu suivies: ainsi, la préfecture de police de Paris a-t-elle reconnu mardi que les limitations de vitesse mises en œuvre n'étaient pas respectées. La gratuité du stationnement résidentiel n'incite pas plus les automobilistes à abandonner leur voiture. Faut-il, dès lors, instaurer la circulation alternée plus tôt que prévu ? Le sujet fait débat.
Baisser le niveau d'alerte
En effet, selon un arrêt en vigueur depuis le 1er juillet 1999, cette mesure ne peut être imposée qu'une fois le niveau d'alerte (360 microgrammes par mètre cube) atteint. A la rentrée, un projet de directive de l'Union Européenne devrait baisser ce seuil d'alerte à 240 microgrammes. Mais en attendant, Yves Cochet, ministre de l'Environnement, craint "qu'un citoyen ou un avocat" ne lui dise "que tout ceci est illégal". Après les attaques menées contre la fermeture des voies sur berge, on peut comprendre sa crainte.
Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, demande, lui, au gouvernement de "modifier la réglementation actuelle afin d'abaisser le niveau de pollution" permettant de déclencher la circulation alternée. Pour lui, cette mesure "permettrait d'agir de manière plus rapide et plus efficace contre la pollution atmosphérique".
Corinne Lepage, ancienne ministre RPR de l'Environnement, est à l'origine de la circulation alternée dans Paris. Pour elle, il faut appliquer la mesure le plus vite possible : "Il est urgent que ces plans d'urgence entrent en action et que la circulation alternée soit instaurée avec les dérogations prévues en faveur des véhicules non polluants et du covoiturage", estime-t-elle, soulignant qu'il s'agit d'une "obligation légale". Elle estime que cette inaction "révèle une véritable pollution de l'action publique par la peur de contrarier tel ou tel lobby ou de gêner certains automobilistes".
Pression des lobbys ?
Alain Riou, conseiller vert de Paris, et par ailleurs juriste, estime quant à lui que l'interprétation de la loi par le ministre vert Yves Cochet est "peut-être juste, mais qu'une interprétation moins restrictive est possible". "La loi n'empêche pas, quand un seuil inférieur de pollution est atteint, de recourir à une mesure de niveau supérieur, c'est à dire en l'occurrence, l'instauration de la circulation alternée dès la persistance du premier seuil d'alerte", juge-t-il. Entre souci de la qualité de l'air et crainte des lobbys, il va falloir trancher…
La procédure d'alerte sur le site d'AIRPARIF
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