Plus de 30 000 ados disparaissent chaque année

Par , le 13 août 2001 à 10h17 , mis à jour le 12 août 2001 à 15h35

Pour se faire entendre ou à l'inverse se faire oublier, la fugue est l'arme ultime de l'adolescent. Chaque année, plus de 30 000 ados se retrouvent inscrits au Fichier des Personnes Disparues. Mais dans la grande majorité des cas, les jeunes réintègrent le domicile parental dans le mois.

enfant collège adolescent © INTERNE

Demain sur tf1.fr : Pourquoi nos enfants fuguent-ils ?

L’adolescence, c’est l’époque de l’insouciance, des amis, de la découverte de soi, de son corps. Mais pour nombre d’ados, cette période est également synonyme de questionnement, de mal-être, d’envie d’émancipation, voire de rébellion contre l’autorité parentale…. Pour quelques uns d’entre eux, la solution passe par la fugue. C'est le cas actuellement de Laëtitia, qui a fugué voila près d'un mois alors qu'elle devait rejoindre son père, divorcé de sa mère, dans les Vosges.  

-Plus de  30 000 ados fuguent chaque année.
-25% d'entre eux reviennent dans les 24 heures.

-70% des affaires de fugue sont résolues dans le mois.
-Entre 0 et 2 ados ne réapparaissent pas après un an.

Combien sont-ils à fuguer chaque année en France ? Il n’existe pas de statistiques officielles. Mais on peut toutefois se faire une idée au travers de l’outil informatique qu’est le FPR : Fichier des Personnes Recherchées. Il s’agit d’un fichier auquel tout policier ou gendarme a accès, quel que soit l’endroit où il  se trouve sur le territoire national. Chaque fiche comprend toutes les caractéristiques de l’individu : âge, sexe, couleurs des yeux, des cheveux, de la peau, dernière tenue, adresses habituelles… Pour les mineurs, la législation oblige l’ouverture systématique d’une fiche au FPR.
 
Bon an, mal an, ce fichier contient quelque 300 000 noms. Y sont répertoriées les personnes recherchées par la justice, comme celles recherchées dans l’intérêt des familles*, les mineurs fugueurs, les disparitions inquiétantes (en raison de l’âge de la personne, de ses problèmes de santé ou mentaux), mais aussi celles pour qui les circonstances de la disparition laissent présager un crime ou un délit. Dans ce dernier cas, le procureur de la république est prévenu et une information diligentée. C’était le cas dans la récente et tragique affaire Karine.
 
Selon une source du ministère de l’Intérieur, 30 457 fugues de mineurs ont été portées à la connaissance des autorités de police ou de gendarmerie en 1998, entraînant une inscription au fichier (cf tableau 1). En 1999, ce chiffre est monté à 31 940. Mais pour évaluer le nombre exact de fugueurs, il faut également tenir compte des mineurs inscrits au fichier dans la catégorie "disparitions inquiétantes". Ils étaient 232 mineurs en 1998 et 282 en 1999 ( cf tableau 2). Des chiffres qui, à chaque fois, s'équilibrent parfaitement entre filles et garçons.

Plus de 30 000 fugues sont ainsi portées chaque année à la connaisance des autorités. «Mais, précise immédiatement un commandant de police souhaitant garder l’anonymat, il ne faut pas dramatiser outre mesure. Il faut en effet savoir, et c’est très important, que sur l’ensemble de ces nouvelles inscriptions au fichier, un quart des demandes de recherche cessent en moins de 24 heures, les jeunes réintégrant d’eux même le domicile familial. De même, 70% de ces inscriptions de mineurs fugueurs cessent dans le mois. Enfin, il existe entre zéro et deux cas par an de personnes ne réapparaissant pas sur une période de 12 mois ».

Fugueurs mineurs

 

 

1998

1999

Nouvelles inscriptions FPR

30 457

31 940

Nombre de garçons

15 410

(dont 5 054 de - de 15 ans)

15 912

(dont 5 250 de - de 15 ans)

Nombre de filles

15 047

(dont 4 222 de - de 15 ans)

16 028

(dont 4 433 de - 15 ans)

Nombre d'affaires résolues**

30 498

31 493

 

Disparitions inquiétantes

1998

1999

Nouvelles inscriptions FPR

5 737

6 110

Nombre de majeurs

5 505

5 828

Nombre de mineurs

232

(125 garçons et 107 filles)

282

(145 garçons et 137 filles)

Nombre d'affaires résolues**

5 827

5 920

*Tous les ans, des milliers de gens décident de changer de vie. Il s’agit d’adultes qui du jour au lendemain abandonnent femmes ( ou maris) et enfants, sans plus donner aucun signe de vie. Le conjoint abandonné peut alors demander une Recherche dans l’Intérêt des Familles (RIF) pour savoir ce qu’est devenue cette personne. Le nom de cette dernière est entrée dans le FPR. Lorsque les autorités administratives ou policières auront à traiter avec cette personne, elles lui indiqueront que son ancienne épouse (ou mari) cherche à obtenir de ses nouvelles. Si elle ne souhaite pas pour autant se manifester, les autorités sont obligées de respecter cette décision. Tout juste peuvent-elles dire à l’auteur de la demande de RIF que l’ex-conjoint(e) est bien vivant, qu’il va bien et qu’il vit quelque part en France.

**Le nombre d'affaire résolues sur une année peut se révéler plus important que le nombre des nouvelle inscriptions au fichier des personnes disparues sur cette même année. Cet écart est normal, eu égard aux affaires qui ne sont résolues que d'une année sur l'autre.

 

Par Alexandra Guillet le 13 août 2001 à 10:17
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