© INTERNEL'explication de texte de Jospin
Les aspects économiques de l'intervention du Premier ministre
"Aucun laxisme" sur les questions de sécurité
Le Premier ministre Lionel Jospin a affirmé mardi soir sur TF1 que la "question de la sécurité est la deuxième priorité du gouvernement" et que "nous ne ferons à cet égard preuve d'aucun laxisme". "L'idée que l'insécurité serait une impression est une idée qui ne m'a personnellement jamais habité" a ajouté le Premier ministre. "J'ai toujours dit que l'insécurité était une préoccupation essentielle de nos concitoyens. J'ai toujours dit que cette préoccupation, je la partageais et que la lutte contre l'insécurité serait une priorité du gouvernement. Et elle l'a été".
"Dire que l'insécurité résulterait d'un manque de volonté politique de la part du gouvernement n'a pas de sens", a poursuivi M. Jospin visant implicitement, sans le nommer, le président Jacques Chirac qui avait mis la sécurité au premier rang de son intervention télévisée du 14 Juillet en s'en prenant au gouvernement. "Si c'était seulement une question de volonté politique, il y a longtemps que l'insécurité aurait été éradiquée, a ajoute M. Jospin, puisque je l'ai mise au cœur de la politique du gouvernement avec (ndlr : l'ancien ministre de l'Intérieur) Jean-Pierre Chevènement dès 1997".
"En réalité en disant cela, a fait valoir M. Jospin, il y a une forme de démagogie qui consiste à ne pas dire aux Français ce qu'est la réalité c'est-à-dire que c'est la société qui est violente. C'est pourquoi nous avons accru les postes de policiers, de juges, d'éducateurs, alors que nos prédécesseurs avaient négligé ces créations d'emploi", a-t-il affirmé. "C'est pourquoi nous avons mis en place la police de proximité". Interrogé sur la délinquance des mineurs, il a annoncé que, le 6 septembre, les ministres de l'Intérieur et de la Justice "vont réunir ensemble les préfets et procureurs pour justement faire que la coopération entre la justice et la police soit meilleure et accrue" de ce point de vue. "Dans la durée, nous allons gagner cette bataille de l'insécurité. C'est la responsabilité de tous, c'est une lutte collective".
Corse : "La politique du gouvernement doit conduire à l'adieu aux armes"
"La politique que conduit le gouvernement en Corse est fondée sur deux démarches : la première c'est une lutte déterminée contre la violence et contre la criminalité et nous en prenons les moyens, et la deuxième c'est un dialogue ouvert et transparent avec les élus de l'île", a souligné M. Jospin.
"Avec mon gouvernement, il n'y aura aucune transaction secrète. Il y a un dialogue clair avec les représentants de la Corse. Je sais qu'il y a encore dans cette île une certaine culture de la violence, mais je pense qu'elle est en train de perdre sa légitimité. Ma politique est une politique qui doit conduire à l'adieu aux armes. Il n'y a pas d'autres alternatives", a-t-il insisté.
Le Premier ministre a affirmé qu'"évoquer une amnistie" dans le cadre du dossier corse serait un "encouragement à l'impunité". "L'amnistie en général n'est pas une question posée aujourd'hui. L'idée même d'évoquer une amnistie, qui supposerait une loi votée par le Parlement, serait une sorte d'encouragement à l'impunité", a-t-il déclaré. "On ne peut pas à la fois laisser la violence continuer à se manifester, même si elle se réduit, et imaginer qu'il va y avoir amnistie. Cela n'a pas de sens", a-t-il souligné. Interrogé sur le cas des assassins du préfet Claude Erignac, le Premier ministre s'est montré catégorique : "Il n'y aura pas, pour eux, d'amnistie. A aucun moment, jamais. En tout cas pas avec moi tant que j'aurai une responsabilité au gouvernement", a-t-il assuré.
"On sait depuis longtemps que les Corses sont attachés à la République et que la très grande majorité d'entre eux souhaite une évolution, approuve plutôt d'ailleurs le processus de Matignon en dehors de toutes transactions secrètes", a-t-il ajouté.
Pour le Premier ministre, "à force de dire que la situation est dramatique en Corse, que la Corse est à feu et à sang, on crée chez les autres Français un sentiment de ras-le-bol". "A semer le vent, on récolte la tempête. C'est pourquoi, je trouve qu'on devrait plutôt approuver le gouvernement dans sa démarche que faire autre chose", a-t-il ajouté.
S'agissant du referendum réclamé par de nombreuses personnalités politiques sur la question Corse, le Premier ministre a souligné qu'un "referendum en Corse est anti-constitutionnel".
Jacques Chirac
Le Premier ministre s'est déclaré "surpris et un peu choqué" de l'attitude du chef de l'Etat lors de sa traditionnelle intervention du 14 juillet. "Je ne m'attendais pas à ce type de critique du gouvernement le jour de la fête nationale", a-t-il lancé. Laissant entendre que Jacques Chirac se comportait davantage en chef de l'opposition qu'en président de tous les Français, le Premier ministre a considéré que cette attitude marquait les "limites de la cohabitation".
2002Cueilli à froid, le Premier ministre semble s'étrangler, ne sachant quoi dire dans l'immédiat. Sa voix se déchire, seul un maigre filet de voix parvient à sortir : "C'est le Premier ministre que vous recevez ce soir, exclusivement", a-t-il dit à PPDA, avant d'ajouter : "Je crois que c'est une question qui trouvera naturellement sa réponse le moment venu".
"Il me semble savoir que l'élection présidentielle est l'année prochaine, en 2002. J'ai une mission à accomplir, qui est celle du chef de gouvernement. Les Français n'attendent pas autre chose de moi aujourd'hui. Il ne faut pas que le temps vienne avant le temps et donc laissons cette rentrée politique se faire. Il y a des candidats qui se sont déclarés d'autres qui ne le sont pas. Pour ce qui nous concerne ça viendra plus tard, l'année prochaine".
Les fonds secrets
Le Premier ministre assure que la question "sera traitée" dans la discussion du projet de loi de finances 2002. Ces fonds "existent depuis la République", a souligné M. Jospin, en admettant que c'était "peut-être des mauvaises habitudes". "Il n'y en a pas dans la gestion qui est la nôtre", a-t-il ajouté.
Rappelant qu'il "avait décidé qu'il y aurait une réforme de ces fonds", il a indiqué que "dans la discussion du projet de loi de finances (ndlr : 2002), cette question de la réforme des fonds secrets sera traitée". "Nous allons apporter la transparence et des modes de rémunération complémentaire non seulement pour les ministres mais pour l'ensemble de l'exécutif", a-t-il affirmé, jugeant que "les polémiques récentes auront au moins servi à cela". M. Jospin a aussi réaffirmé que le reliquat des fonds secrets qui pourra exister à la fin de la législature "sera remis au budget", mettant en avant qu'il sera sans doute "le premier Premier ministre à le faire".
Jospin et son passé trotskiste
Le Premier ministre s'est étonné du "foin qui est fait" autour de son passé trotskiste, se prévalant d'un "engagement ouvert, transparent, libre" au parti socialiste, "dont tout le monde a pu juger depuis 30 ans". Il s'est référé aux "conditions historiques et politiques qui existaient dans les années 1960" et au "mythe fondateur de la République française" que constitue "la Révolution française" pour justifier son engagement trotskiste d'il y a "30 à 40 ans".
"Le marxisme influençait considérablement les esprits, et moi, j'ai préfèré le marxisme des trotskistes, plutôt que le marxisme des staliniens. "Il n'y avait pas de perspective pour la gauche à ce moment-là, et donc, à partir du moment où une perspective s'est dégagée véritablement, à la fois unitaire et pour les socialistes, eh bien je m'y suis engagé pleinement", a-t-il ajouté.
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