© INTERNELes SDF installés dans la poste rue du Louvre sont repartis
Ce soir là, la pluie tombe drue. Un thé chaud dans une main, une cigarette dans l'autre, Hussni, un Albanais de Macédoine, se confie à une jeune fille du Secours catholique. "La rue, c'est vraiment dur l'été, explique-t-il. Tout le monde part en vacances et c'est comme si nous, les SDF, on existait plus". Comme la vingtaine de sans domicile réunis ce soir là sous la tente de Médecins du monde et du Secours catholique place de la République, Hussni est venu chercher un hébergement pour la nuit. Mais pas seulement : "Ici, on trouve un peu de chaleur humaine, des gens pour nous écouter. Ca fait du bien", dit-il en se fendant d'un grand sourire.
La tente est installée depuis lundi et n'est là que pour une semaine. L'objectif : "Alerter les média et
surtout les pouvoirs publics sur la saturation des hébergements d'urgence. On ne se préoccupe de ces gens qu'en hiver, c'est un tort. La rue est tout aussi difficile à vivre en été, d'autant plus que de nombreuses structures sont fermées pour cause de vacances", explique Graciela Robert, responsable médecins du monde de la mission SDF. Sur Paris, 2 815 lits sont disponibles l'été contre 3 225 l'hiver, dont 1 129 en accueil d'urgence.
- Discuter : une priorité
Demandeurs d'asile
Autre préoccupation des associations : le nombre de sans-abri ne cesse d'augmenter. "D'autres personnes viennent s'ajouter aux sans domicile, remarque Graciela Robert. Nous avons des demandeurs d'asile comme Hussni qui ne savent vraiment plus où s'adresser. Quant à ceux qui ont été débouté de leur demande, tout le monde s'en fout".
Casquette vissée sur la tête, Pietro, un Hongrois sans papiers, est déjà venu trouver refuge à la tente la nuit dernière. "Ici, on peut se faire soigner par un médecin", explique-t-il dans un français hésitant. D'habitude, j'appelle le Samu social. Mais c'est toujours la même réponse : votre appel a été enregistré mais nous manquons de place pour vous accueillir". Les autres structures ? Pietro ne les connaît pas. C'est par hasard qu'il a trouvé la tente de médecins du monde et du Secours catholique. "C'est le quartier où je traîne toujours", explique-t-il.
"Il faut occuper les logements vides"
21 heures. Il commence à y avoir affluence sous la tente. Un sac plastique à la main où sont réunis les quelques biens de la famille, un Roumain arrive avec ses deux enfants. Ceux-ci piochent à pleine main dans une boîte de gâteaux secs. Graciela Robert s'active. "Qui demande un hébergement ce soir ?". Une douzaine de mains se lèvent vivement. "J'appelle le Samu social. Ceux qui ne veulent pas de lit doivent partir", continue-t-elle. La tente est trop petite pour accueillir tout le monde. Les plus chanceux trouveront effectivement une place au Samu social. Les autres repartiront cette nuit encore dans la rue. "Hier quelques personnes ont dormi sous notre tente, à même le sol, explique Graciela Robert. Mais nous n'avons pas d'autorisation préfectorale pour cela et de toute façon, ce n'est pas un lieu adapté. Il faut réagir et occuper les nombreux logements vides de Paris". Du côté des autorités, le maire de Paris, Bertrand Delanoë a demandé hier au gouvernement d'augmenter "rapidement le nombre de places en centres d'hébergement". Mais sous la tente, personne ne se souci des déclarations des politiciens. Ici, on vit au jour le jour.
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