Le temps long des gitans

Par F. L. , le 08 août 2001 à 17h00 , mis à jour le 07 août 2001 à 17h08

Les travaux d’assainissement du "village andalou" se poursuivent. Beaucoup de familles de gitans qui occupent ce terrain insalubre en banlieue bordelaise, attendent encore d’être relogées.

gitan © INTERNE

Il y a un an, Médecins du Monde dressait un constat alarmant : un tiers des enfants du "village Andalou", une banlieue insalubre au nord de Bordeaux seraient atteints de saturnisme (1). Les tsiganes qui occupent le camp demandent alors à partir sur le champ. Il s’ensuit un long duel juridico-sanitaire entre la mairie de Bordeaux, la préfecture de la Gironde et les associations. Aujourd’hui, sur les 53 familles d'origine espagnole qui s’étaient installées sur ce terrain qui jouxte une décharge, 21 ne savent pas où elles vont être relogées.

Entre les gravats, les enfants attendent et observent les pelleteuses qui ont déjà commencé leur


Mardi après-midi, les engins municipaux détruisaient les maisons insalubres

travail de déblaiement. Tout le monde devrait avoir quitté les lieux avant fin novembre. Mais les démarches administratives sont semées d’embûches. Stéphane Lhomme du Comité de soutien, dénonce " la lenteur scandaleuse " du plan de relogement mis en place par la mairie bordelaise. Les services sociaux de la mairie ont déjà relogé une dizaine de familles à titre définitif et des propositions ont été faites à une quinzaine d'autres qui attendent au " village " jusqu’à leur départ. Les autres, impuissantes, occupent des caravanes sur un terrain au bord de la Garonne.

Le relogement est d’autant plus difficile que les associations dénoncent "un racisme municipal". Dans plusieurs quartiers de Bordeaux et dans les villes alentours, le problème du relogement des gitans du " village andalou " a été accueilli à coups de pétitions et de manifestations hostiles. Devant ce tollé de protestations, le comité de soutien rappelle " le droit fondamental de pouvoir être logé dans des conditions décentes " et suggère la réquisition des logements vacants de la ville.

Découvrez le " village andalou " en quelques photos

(1) Intoxication par le plomb. D’après plusieurs études médicales, un nourrisson exposé de façon chronique au plomb, même à des doses minimes, subit des troubles du développement cérébral et psychomoteur qui peuvent être irréversibles.

(Photo AFP)

Par F. L. le 08 août 2001 à 17:00
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