© INTERNELa droite la "sommait" de s'expliquer. Dominique Voynet a précipité mercredi une conférence de presse afin de définir la position des Verts sur la question corse. Il s'agissait pour elle de mettre un terme au feuilleton politique d'un mois d'août d'habitude très calme. Mais cette année, à deux reprises, des responsables écologistes, l'ancien secrétaire national des Verts Jean-Luc Bennahmias et leur candidat à la présidentielle Alain Lipietz, ont eux fait savoir qu'ils étaient "pour une amnistie générale". Quand ? "Au terme de la démarche engagée par Matignon" pour le premier. S'agissant du second, c'était plus confus. Tellement, d'ailleurs, qu'Alain Lipietz s'est senti obligé de revenir sur ses propos, par l'intermédiaire du site internet du Nouvel Observateur. "J'ai dit que l'amnistie aura lieu (…) si le processus politique ramène la paix en Corse", a-t-il précisé.
"Je partage et la colère de Mme Erignac"
Dans ce contexte quelque peu "flottant", Dominique Voynet a estimé mercredi que la question de l'amnistie des détenus corses pour affaires de terrorisme n'était "pas d'actualité", utilisant la formule employée par les proches de Lionel Jospin depuis plusieurs jours. Cependant, chez les Verts, la porte n'est pas fermée pour autant. "C'est un sujet qui sera peut-être débattu dans quelques années par les parlementaires auxquels il revient d'examiner une éventuelle loi d'amnistie pour parachever et consolider un processus de paix", a-t-elle ajouté.
S'agissant du sort du "commando Erignac", l'ancienne ministre a souligné que "les assassins du préfet doivent être arrêtés, jugés et doivent rendre compte de leurs actes devant un tribunal". "Se poser même cette question aujourd'hui a quelque chose de scandaleux. Je partage et je comprends la colère de Mme Erignac. Sa première demande c'est que les assassins de son mari soient arrêtés et jugés devant un tribunal. Loin de moi la moindre tentation de soutenir, de cautionner, de donner l'impression d'être indifférente à des crimes de sang", a-t-elle poursuivi. Mme Voynet a réaffirmé le "soutien fidèle" de son parti au processus de Matignon en Corse et rejeté "toute violence d'où qu'elle vienne".
"Lipietz a été maladroit"
Désireuse d'affirmer son autorité au sein des Verts, Dominique Voynet a distribué quelques piques à l'égard d'Alain Lipietz qui s'est exprimé "de façon imprudente". "Alain Lipietz est un universitaire et il s'est expliqué de façon nuancée et peut-être un peu compliquée. Il a été maladroit dans son expression, mais sur l'essentiel il est d'accord avec nous", a souligné Mme Voynet.
Dans son arbitrage, l'ancienne ministre de l'Environnement a donc tranché en faveur de la ligne de Noël Mamère. Le député de la Gironde avait estimé mardi "qu'en aucun cas l'amnistie ne (pourrait) concerner les crimes de sang". Mme Voynet a également tancé les hommes du RPR et du RPF. "Il faut être singulièrement culotté, manquer vraiment de pudeur, remplacer l'amnistie par l'amnésie pour oublier ce qui a été fait par le RPR, par M. (Charles) Pasqua, par M. (Jean-Louis) Debré qui se permettent aujourd'hui de nous donner des conseils", a-t-elle lancé.
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