2002 : Jospin garde le moral et mobilise

Par , le 28 septembre 2001 à 16h34 , mis à jour le 28 septembre 2001 à 16h43

Alors que la crise des attentats semble profiter à Jacques Chirac et que la hausse du chômage se confirme, le Premier ministre s’est voulu volontariste devant les socialistes, réunis pour leurs journées parlementaires à Nantes. Il appelle les Français à ne pas céder à la "morosité".

jospin nantes © INTERNE

Hausse du chômage pour le 4e mois consécutif, ralentissement de la croissance, processus de Matignon sur la Corse mis à mal, baisse de moral de la population, réflexe d’unité nationale derrière Jacques Chirac. Lionel Jospin a vécu un mois de septembre difficile. En s’exprimant vendredi lors des journées parlementaires du Parti socialiste, il avait deux objectifs prioritaires  : stopper ce climat de fatalisme ambiant et cultiver l’optimisme, avec évidemment les échéances électorales de 2002 en tête.

Le chef du gouvernement s’est donc adressé à la fois aux Français et aux socialistes. Aux premiers, il demande de ne pas laisser s’installer "un climat de morosité ou de fatalisme. J'ai confiance dans nos capacités collectives à traverser ce moment d'incertitude". "L'économie française n'est pas en récession" assure-t-il, en maintenant toujours l’objectif d’une croissance de 2,5 % pour 2002. Face à la nouvelle hausse du chômage au mois d’août, il admet que "la situation actuelle (nous) préoccupe". Pour y remédier, "un ensemble de mesures" y répondra prochainement.

Nouvel appel à la majorité plurielle

Seconde cible de son discours, les socialistes ont reçu leur feuille de route "pour gagner" en 2002. Le PS est invité à préparer la "confrontation" électorale "avec la conscience de ce qui a été accompli" sans perdre de vue l'impératif de "préparer un nouvel horizon". Cette expression rappelle la "nouvelle France" esquissée par Lionel Jospin à l'université d'été du PS, en septembre à La Rochelle. Jeudi soir, lors d'une réception à la mairie de Nantes, le locataire de Matignon avait déjà assuré que "la chance de gagner les prochaines échéances existe".

Pour cela, il faut "de nouvelles idées, de nouvelles réformes, de nouveaux souffles adaptés aux enjeux". Un tel cap ne pourra selon lui être atteint que dans "la dynamique de la majorité plurielle", seule "force politique alternative à la droite". "Au-delà de nos différences, je n'ai aucun doute sur ce qui nous réunit" adresse-t-il à ses partenaires, relevant qu'il n'y avait qu'une "question précise" faisant clivage avec une formation, le MDC de Jean-Pierre Chevènement : le dossier corse.

Son discours semble avoir convaincu les socialistes, qui ont coupé court aux commentaires sur leur propre déprime. "On a le moral Lionel !" ont-ils crié. Les troupes n'ont "pas besoin d'être regonflées" lance également Jean-Marc Ayrault, le chef de file socialiste à l’Assemblée. Reste à savoir si les électeurs sont sur le même longueur d’ondes…

Par Fabrice Aubert le 28 septembre 2001 à 16:34
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