La droite perd du terrain au Sénat

Par , le 24 septembre 2001 à 10h23 , mis à jour le 23 septembre 2001 à 10h32

La droite domine toujours largement au Sénat. Mais les élections de dimanche ont montré une légère poussée de la gauche -socialistes et communistes - qui progresse de treize sièges. Au total, une soixantaine de "têtes nouvelles" dont 18 femmes vont faire leur rentrée au Palais du Luxembourg.

senat christian poncelet © INTERNE

Les élections sénatoriales 2001 sont closes. Et ce ne sont pas moins de soixante nouvelles têtes qui vont pouvoir franchir les portes du Palais du Luxembourg. Grande nouveauté : la présence en nombre des femmes. Conséquence directe de la loi sur la parité, elles sont 17 parmi les nouveaux élus. De quoi faire bondir leur représentativité à 33 sièges sur un total de 321. Sur le rapport des forces politiques, la droite demeure largement majoritaire au sein de la Haute-Assemblée avec environ 200 sièges, mais ne peut dissimuler la poussée de la gauche qui, avec 13 sièges supplémentaires, passe à 110 sièges.

Proportionnelle salutaire pour la gauche

Cette progression de la gauche était attendue avec l'introduction de la proportionnelle dans les départements où les grands électeurs élisent au moins trois sénateurs par le gain automatique d'un siège dans une dizaine de départements. Et les urnes l'ont confirmé. Les socialistes ont gagné onze sièges en Indre-et-Loire, dans l'Isère, la Loire, le  Loiret, la Manche, la Meurthe-et-Moselle, en Moselle, dans le Morbihan, l'Oise, les Pyrénées-Atantiques et le Maine-et-Loire. Mais le PS en perd trois ailleurs (Puy-de-Dome, Pas-de-Calais et Loire-Atlantique). Le groupe socialiste - avec Mme Christine Blandin (Verts, Nord), qui sera rattachée administrativement - atteint un chiffre historique de 85 membres (contre 77). En Loire-Atlantique, le sortant PS François Autain a gagné son pari en tête d'une liste dissidente, avec les Verts comme alliés, en obtenant sa réélection. Exclu du parti socialiste, il devrait s'inscrire comme rattaché administrativement au groupe communiste, républicain et citoyen. Les communistes ont également obtenu un bon résultat en progressant de quatre sièges. Les quatre gains sont obtenus par des femmes, dont la secrétaire d'Etat au Tourisme, Michèle Demessine, dans le Nord. Elle a aussitôt annoncé qu'elle quittait le gouvernement.

La droite, victime de son éparpillement

L'éparpillement des listes à droite a joué contre elle et lui a fait perdre des sièges, plus d'une dizaine. Ainsi en Meurthe-et-Moselle où les quatre sortants de droite étaient partis à la bataille chacun de leur côté, la gauche a remporté deux sièges sur quatre. De même dans l'Oise et dans la Manche, la gauche arrache un siège pour la première fois, au moins, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Jean Arthuis, président du groupe centriste, ancien ministre, a conservé son siège dans la Mayenne sans grandes difficultés ainsi que Josselin de Rohan, président du groupe RPR et le président de l'AMF Jean-Paul Delevoye (RPR) dans le Pas-de-Calais et de Jean François-Poncet, ancien ministre (RDSE,  Lot-et-Garonne). Gérard Longuet (UDF, Meuse), Jacques Blanc (DL, Lozère) et Jean-Paul Alduy  (UDF, Pyrénées-Orientales) font leur entrée au Palais du Luxembourg.

Giscard d'Estaing n'exclut pas d'être candidat

L'ancien président n'a pas exclu dimanche soir d'être candidat à la présidentielle de 2002, estimant que les candidats déclarés à droite n'ont pas pour l'instant de "crédibilité présidentielle". "Je n'ai pas l'intention d'être candidat à la l'élection présidentielle mais je ne l'exclus pas", a déclaré sur France 3 l'ancien chef de l'Etat qui a dirigé le pays de 1974 à 1981. "Il faudrait qu'il y ait pour cela une utilité ou une nécessité". M. Giscard d'Estaing a précisé qu'il prendrait sa décision en "février-mars" 2002. Rappelant qu'il a été candidat deux fois, en 1974 et 1981, il a expliqué ne s'être pas présenté les deux fois suivantes, en 1988 et 1995 car "les électeurs du centre et de droite avaient un choix", entre Raymond Barre et Jacques Chirac la première fois, entre Edouard Balladur et M. Chirac la fois suivante.

Photo de Une : Christian Poncelet, président du Sénat
Par Alexandra Guillet le 24 septembre 2001 à 10:23
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