© INTERNEDepuis le 11 septembre, la France vit au rythme des Etats-Unis. Mais, cohabitation oblige, les deux têtes de l'exécutif sont soumises à une stricte répartition des rôles. A Jacques Chirac les contacts internationaux, Lionel Jospin s'occupant de l'hexagone.
Pour le chef de l'Etat, c'est un véritable inventaire à la Prévert. Entretiens mercredi avec le président Bush à Washington et le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan à New York. Série de contacts téléphoniques avec le président russe, le Premier ministre japonais, le président chinois, le roi du Maroc, le roi de Jordanie qui préside actuellement la Ligue arabe et le président égyptien, les premiers ministres portugais et canadien. Rencontres, enfin, avec Tony Blair : le président Jacques Chirac a marqué son territoire en multipliant cette semaine, au nom de la France, les contacts avec les leaders de la planète. D'ailleurs, à l'Elysée ne manquait pas de souligner que le Président avait "informé le Premier ministre des conclusions qu'il retire de ses entretiens" américains. Une bonne manière de montrer la subordination du chef du gouvernement.
Axe Paris-Londres
Jacques Chirac et le Tony Blair ont voulu montrer que Paris et Londres étaient sur la même longueur d'onde. "Dans l'hypothèse où cette décision serait prise par les Etats-Unis, et après discussion et consultation avec nous, il est évident que ni l'Angleterre ni la France ne pourraient être absentes si c'est une riposte à la fois adaptée et efficace", a déclaré le président de la République. "Il faut que nous agissions dans le calme, en ayant pris en compte tous les aspects d'une telle riposte. Ce qui ne doit faire aucun doute, c'est notre détermination à agir, et à agir efficacement et fermement", a précisé Tony Blair.
Initiatives
Pendant ce temps, Lionel Jospin, en présence de Daniel Vaillant, recevait des préfets au ministère de l'Intérieur. L'occasion de tirer la sonnette d'alarme et d'appeler ces derniers à la plus grande vigilance face au risque "d'actions provocatrices", de "manipulations" et de "situations dangereuses" en France après les attentats américains. Le Premier ministre leur a demandé d'"apaiser les tensions" et de "rassurer la population", réaffirmant que la lutte contre le terrorisme n'était "engagée ni contre l'islam ni contre les pays arabes ou musulmans".
Décidément très soucieux de montrer que le gouvernement ne reste pas inerte dans une période où le chef de l'Etat occupe le terrain - notamment médiatique -, des membres de l'équipe Jospin sont également montés au créneau. Pour annoncer que le gouvernement a décidé de faire examiner le 11 octobre prochain en première lecture par le Sénat le projet de loi de ratification de la convention internationale pour la répression du financement du terrorisme. Pour proposer enfin aux membres de l'Union européenne et de la zone euro réunis à partir de vendredi à Liège (Belgique) d'élargir les compétences du Groupe d'action financière international (GAFI) au domaine du financement du terrorisme.
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