Jean-Pierre Chevènement en campagne

Par Philippe MATHON , le 10 septembre 2001 à 00h17 , mis à jour le 07 septembre 2001 à 17h28

Dix-huitième candidat à la présidentielle de l'an prochain, le député-maire de Belfort a tenu son premier meeting, dimanche après-midi à Vincennes, devant 8.000 personnes.

Chevènement meeting candidat Belfort © INTERNE

Le tout récent candidat à l'élection présidentielle, Jean-Pierre Chevènement, a prononcé, dimanche à Paris, son premier grand discours de campagne au cours d'un rassemblement à Vincennes. Plus de 8.000 personnes étaient rassemblées sous un double chapiteau dressé sur le parvis du château de Vincennes, aux portes de Paris. Conformément à l'exigence exprimée par Jean-Pierre Chevènement avant de se lancer dans la bataille présidentielle, les participants  représentaient un large spectre politique pour constituer ce "pôle républicain" qu'il appelait de ses vœux. Une façon de rassembler des militants et sympathisants bien au-delà des limites de sa petite formation politique, le Mouvement des Citoyens.


Près de 8000 personnes
ont fait le déplacement- (photo tf1.fr)
Répondant à l'appel lancé par une centaine de personnalités, dont l'ancien Grand Maître du Grand Orient de France, Patrick Kessel, François Morvan, ancien de la Ligue communiste révolutionnaire et Pierre Dabezies, gaulliste de gauche et ancien ambassadeur, quelque 9.000 personnes se sont déjà manifestées, venant s'ajouter aux 5.000 militants du MDC.

Soutiens actifs

 

"C'est un homme droit"

En mettant dans le même panier "le couple Chirac-Jospin", Jean-Pierre Chevènement veut séduire les déçus de tous bords. "Il y a une chose qui est au-dessus de la gauche, au-dessus de la droite, c'est la République", a-t-il asséné dimanche. Un discours qui a séduit bon nombre de curieux venus sous le chapiteau de Vincennes. "Il nous dit des choses que tous les Français attendent" lâche Madeleine, une sexagénaire qui "vote à droite" depuis un demi-siècle. "N'oublie pas que tu es socialiste et que tu ne les aimes pas !", sourit sa voisine, Geneviève. "Je m'en fiche, rétorque la première. Au RPR, il n'y a rien de bien !" Geneviève, qui ne cache pas ses sympathies socialistes, est également sur le point de succomber au charme du député-maire de Belfort : "Il a davantage de poigne que Jospin, qui n'a pas tenu ses promesses en matière de sécurité. C'est un homme droit". PM

 

Maintenant que Jean-Pierre Chevènement a officiellement annoncé sa candidature, les comités d'appel qui s'étaient créés un peu partout en France vont devenir des comités de soutien, sous la présidence de l'écrivain Edmonde Charles-Roux, veuve de Gaston Defferre, qui a l'intention de participer activement à la campagne. Pour Mme Charles-Roux, Jean-Pierre Chevènement peut "ramener vers la gauche les déçus qui n'ont trouvé refuge que dans l'abstention". Justifiant son engagement, Patrick Kessel se félicite de ce que ce candidat "respecte les citoyens en leur parlant vrai". François Morvan estime que Jean-Pierre Chevènement est "le seul qui ait la volonté et les moyens de rassembler largement" tandis que pour Pierre Dabezies, il "faut notamment le soutenir dans une optique qui préserve l'existence de notre pays".

Dimanche, le meeting a débuté à 14 heures par une "animation musicale" avec un orchestre d'une trentaine de musiciens. Puis, l'un des plus fidèles soutien de Jean-Pierre Chevènement, l'écrivain Max Gallo, a pris la parole avant la diffusion d'un clip de 5 minutes réalisé pour la campagne.

Staff sur le pied de guerre

Le meeting de Vincennes sera suivi de plusieurs réunions en province autour des grands thèmes de la campagne. Rendez-vous est donné le 15 à Lyon pour aborder les problèmes de santé, le 20 à Grenoble pour traiter de l'énergie et de l'environnement et le 25 à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) pour parler salaires, SMIC et emploi.

Après l'annonce officielle, faite mardi dans sa mairie de Belfort, Jean-Pierre Chevènement met progressivement en place son équipe qu'il présentera le 19 septembre en inaugurant ses locaux parisiens. Un préfet, qui sera placé hors cadre, officiera comme directeur de campagne tandis que le directeur de cabinet sera un maître des requêtes au Conseil d'Etat, Patrick Quinqueton. Deux proches de Jean-Pierre Chevènement, membres du MDC, le sénateur de Paris Jean-Yves Autexier, et le maire du Kremlin-Bicêtre Jean-Luc Laurent, feront partie de la garde rapprochée du candidat dont le porte-parole sera le député MDC de la Dordogne Michel Suchod.

Les 10 orientations de la campagne de Jean-Pierre Chevènement 

- Les principes de la République : l'autorité de la loi, la souveraineté populaire, la citoyenneté qui implique aussi des devoirs, l'égalité.

- L'école : la transmission des savoirs et l'autorité des maîtres doivent être placés au centre de l'école ainsi que l'enseignement du français et la relance de l'instruction civique.

- La sécurité : pour une politique rigoureuse et juste parce que le droit égal pour tous à la sécurité doit devenir une réalité, rétablir la valeur pédagogique de la sanction et appliquer la même politique pénale sur tout le territoire.

- La revalorisation du travail : augmentation du salaire direct, une politique économique fondée sur le soutien de la demande, l'amélioration de l'environnement des entreprises, le renouveau de l'action sur les structures.

- La reconstruction de l'Etat et les services publics qu'il faut moderniser et non démanteler, simplifier la loi, la décentralisation dans le respect de la loi et de la solidarité nationale.

- La pleine égalité des femmes qui doivent pouvoir mieux concilier leur vie professionnelle et leur épanouissement familial et personnel, notamment par la création de places en crèches pour les enfants et augmenter le nombre d'assistantes maternelles.

- La garantie de la retraite et de la protection sociale : mise en place de la retraite progressive.

- L'aménagement du territoire et la mise de l'homme au coeur de l'environnement : réorienter la politique agricole, mettre en place l'idée d'une écologie pour toute l'humanité avec un développement respectueux de la nature.

- La science et la culture : liberté de la recherche, plans de recrutement pluriannuels pour l'emploi scientifique. En matière audiovisuelle, délivrer le service public de la loi de l'audimat, ouvrir la culture française et réorienter la France vers le Sud.

- La France doit rester une grande puissance politique, dans une Europe complément et non substitut des nations, une puissance tournée vers le Sud, capable de proposer des règles dans la mondialisation, avec une défense qui soit d'abord la sienne.

Par Philippe MATHON le 10 septembre 2001 à 00:17
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