© INTERNELes socialistes prennent l'insécurité à bras-le-corps
Un ralentissement économique plaçant le chômage en hausse pour le troisième mois consécutif, des partenaires de la majorité plurielle remuants : à huit mois de l'élection présidentielle, Lionel Jospin aura fort à faire dans son discours de clôture de l’Université d’Eté du parti socialiste, dimanche à La Rochelle.
Dans un premier temps, le Premier ministre devrait s’employer à défendre becs et ongles le travail de son gouvernement. En quelque sorte, la suite de son intervention, mardi dernier sur TF1. L’œil de l’hôte de Matignon devrait ainsi se poser sur les récentes difficultés économiques et sociales comme les vagues de licenciements ou les plans de reclassement des entreprises publiques. L’occasion d’évoquer également l'état de la gauche plurielle. Mais pas trop. Lionel Jospin a conscience que les Français veulent un Premier ministre au travail jusqu’à l’année prochaine. Dans ces conditions, pas question de s’exposer inutilement.
Respecter les " règles du jeu "
Mais entre un PC cultivant la " distanciation positive ", un MDC prenant chaque jour un peu plus le large et des Verts plongés dans une nouvelle crise, avec le départ, samedi, de Noël Mamère de l’équipe de campagne de Lipietz, le PS ne peut rester inerte. François Hollande devrait donc sonner le rappel et rappeler à ses petits camarades de la gauche plurielle les " règles du jeu ". En invitant notamment Jean-Pierre Chevènement à ne pas se tromper de camp.
En revanche, Lionel Jospin pourrait retrouver de la voix en abordant la question de la droite. Laquelle n’a pas manqué de critiquer, de manière parfois féroce, l’attitude du gouvernement. " Archaïque ", lançait Francois Bayrou (UDF) à Ramatuelle vendredi. " Les socialistes ont le CAC 40 dans les veines et le cœur sur les barricades " raillait de son côté François Fillon (RPR). Une interrogation : Lionel Jospin attaquera-t-il également Jacques Chirac ? Certains pensent qu’il aura à cœur de répliquer de nouveau aux attaques lancées contre sa politique lors de l’intervention présidentielle du 14 juillet.
Un candidat " excellent "
La candidature du Premier ministre à la présidentielle ? " Cela viendra en temps et en heure ", assure-t-on dans son entourage. Lorsque l’on demande samedi à Laurent Fabius, présent à La Rochelle, si Lionel Jospin se lancera dans la bataille présidentielle, le ministre de l’Economie lance goguenard: " Nous n’avons pas encore de candidat, mais nous savons qu’il est excellent !". Dont acte. Une formule qui n’est pas sans rappeler celle de Martine Aubry. La maire de Lille assurait vendredi que le PS " allait avoir un très bon projet et avait un excellent candidat ", sans pour autant nommer celui que l’on imagine être Lionel Jospin. Dimanche, la réponse ne sera pas au rendez-vous. Mais il faudra lire entre les lignes. Au cas où.
Quand Fabius se lâche sur Chirac Les Universités d’Eté étant traditionnellement l’occasion pour un homme politique de faire sa rentrée de manière décontractée, le ministre de l’Economie et des Finances n’a pas dérogé à la règle avec une tirade qui a plongé les militants dans l’allégresse. " Un ami étranger m’a fait remarquer quelque chose récemment, lance Fabius. On nous dit que, à droite, ça va être nouveau. Mais il a été secrétaire d’Etat sous Nixon, ministre sous Brejnev, Premier ministre sous Giscard… Oui, c’est une forme de nouveauté… C’est bien d’être proche des problèmes, mais c’est bien également de temps en temps d’être proche des solutions… ". Fabius au service de Jospin, l’air de La Rochelle a décidément des vertus magiques… |
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