© INTERNELionel Jospin travaille et tient à le faire savoir. Sur le front international tout d'abord, où il dit avoir eu mardi matin "un échange" avec Jacques Chirac pour préparer le voyage présidentiel aux Etats-Unis. Au plan national également, où, affirme le Premier ministre, "le gouvernement agit sur le plan de la sécurité intérieure". Mêlant les paroles aux actes, Lionel Jospin s'est rendu sur le terrain mardi après-midi pour constater les effets du "plan Vigipirate renforcé" activé le 11 septembre. Une visite mise en place à la hâte au moment même où Jacques Chirac s'envolait pour les Etats-Unis afin de rencontrer dans la soirée le président Bush.
Endroit choisit pour cette sortie : la gare de Lyon (Paris 12e), "lieu d'interconnexion" réunissant à la fois le Métro, le RER et la gare SNCF. L'occasion pour Lionel Jospin de saluer les différents services chargés de la sécurité des biens et des personnes (police nationale, ferroviaire, gendarmerie, militaires) et de "prendre des contacts" - au pas de charge - avec commerçants et usagers. L'occasion pour le Premier ministre Lionel Jospin de lancer un nouvel appel à la "vigilance", dans une situation qui "présente des risques", mais aussi au "sang-froid". Il a reconnu que les Français étaient "préoccupés, comme nous tous", mais "sans céder à la nervosité et à l'angoisse". Selon lui, une "coopération judiciaire et policière accrue à l'échelle européenne était la clé du succès dans la lutte immédiate et durable contre le terrorisme".
"Solidarité et libre appréciation"
Le Premier ministre a ensuite visité le centre opérationnel de la préfecture de police, organe mis sur pied "dans l'heure" en cas de crise ou de catastrophe. Plus tard, lors d'une conférence de presse réunissant Daniel Vaillant, ministre de l'Intérieur, Jean-Claude Gayssot, ministre des Transports et de l'Equipement, Christan Proust, préfet de police de Paris et Patrice Bergougnoux, directeur général de la police nationale (DGPN), Lionel Jospin a rappelé sa position relative à la situation américaine : "Agir en pleine solidarité avec les Etats-Unis et en même temps garder notre liberté d'appréciation sur les décisions qui pourraient être prises".
Traduction immédiate du libre-arbitre que le gouvernement souhaite conserver : Lionel Jospin a assuré qu'il n'y aurait pas "d'engagement de la France sans que le Parlement ait été pleinement consulté". "S'il y a la nécessité de prendre des engagements au nom de la France, ils ne pourraient pas être pris par le pouvoir exécutif sans naturellement consulter l'Assemblée nationale et le Sénat", a-t-il insisté, laissant ainsi ouverte la possibilité d'une session extraordinaire. En effet, la reprise des travaux parlementaires est théoriquement fixée le 2 octobre. Par cette déclaration, l'hôte de Matignon répond favorablement aux nombreuses demandes qui, à droite comme à gauche, réclamaient "que l'on n'oublie pas" le Parlement. Jean-Jack Queyranne, le ministre des Relations avec le Parlement, avait pourtant écarté jeudi une telle éventualité.
2002 en ligne de mire
Philippe Douste-Blazy, président du groupe UDF à l'Assemblée nationale et fidèle soutien de Jacques Chirac, a tenu à marquer le leadership de ce dernier, en rappelant que "c'est le président de la République qui convoque l'Assemblée nationale au cas où il y a une éventualité d'engagement militaire". Traduction : Lionel Jospin n'avait pas vocation à prendre des décisions à la place du chef de l'Etat. Quel que soit le contexte, les échéances électorales restent bien présentes dans les esprits.
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