Lionel Jospin sonne la mobilisation générale pour 2002

Par Philippe MATHON , le 03 septembre 2001 à 15h36 , mis à jour le 02 septembre 2001 à 15h55

Dans son discours de clôture des Universités du PS, le Premier ministre a pris une posture très "présidentielle", expliquant aux militants qu'il avait "besoin" de leur amitié, leur force de conviction et leur engagement. Lionel Jospin a également demandé à tous de "ne plus ménager la droite" qu’il juge "autoritaire", "paternaliste" et "infantilisante".

Jospin université d'été 2001 © INTERNE

Des formules. Des tas de formules. Autant d’indices attestant de la métamorphose du personnage. Ménageant une nouvelle fois le suspense quant à sa candidature à l’élection présidentielle, Lionel Jospin n’en a pas moins franchi une nouvelle étape dans son lent processus. L’homme dispose déjà d’une formule qui pourrait devenir son futur (?) slogan de campagne : "Pour une Nouvelle France". "Avec vous, dit-il, je souhaite faire naître la Nouvelle France dont ce début de siècle apporte la promesse. Pour les mois à venir, j’ai besoin de votre amitié, de votre force de conviction et de votre engagement". On ne saurait être plus clair.

A l’occasion de son discours de clôture de l'université d'été du PS de La Rochelle, Lionel Jospin a dit son "émotion" de s’exprimer "pour la dernière fois" devant les militants en tant que Premier ministre. "Je le fais avec fierté, émotion et espoir", a-t-il lancé. Mais le sentimentalisme s’arrête là. L’homme reste "mobilisé" et demande à ce que " tous " le soient. Après des mois de frustration de ne pouvoir riposter ouvertement aux attaques de l’Elysée et du RPR, le Premier ministre est maintenant décidé à en découdre.

''Cette droite incohérente et agressive ne mérite pas de retrouver les responsabilités"

"L’heure est maintenant venue, pour les partis de la gauche plurielle, de ne plus ménager la droite dans le débat politique", lance-t-il sous un tonnerre d’applaudissements. "La droite utilise le discours de la peur parce que cela sert sa conception du pouvoir : une conception autoritaire, déresponsabilisante et infantilisante". Pour le Premier ministre, ''la France et les Français méritent mieux que cette opposition stérile'' : ''Ils ont besoin d'un discours de lucidité, de confiance et de responsabilité''. ''Cette droite incohérente et agressive ne mérite pas de retrouver les responsabilités. De cela, il nous faut convaincre les Français'', a résumé Lionel Jospin. En 2002, ''nous aurons un nouveau projet à leur soumettre''.

Dans un premier temps, tout cela passe par une défense du bilan. "Depuis 1997, nous avons beaucoup travaillé à l'écoute et au service des Français''. Et ce n’est pas fini : le gouvernement "continuera à travailler". Pour lui, c’est sûr, on est "loin des engagements oubliés et des promesses renouvelées" par la droite. Le Premier ministre place ainsi la mobilisation contre le chômage comme "le problème social numéro 1" de son gouvernement. Il a également assuré que le gouvernement était "vigilant et actif" sur le front des plans sociaux, qui se multiplient depuis quelques semaines.

La majorité plurielle rappelée à l’ordre

S’agissant de la question Corse, Lionel Jospin a ironisé sur la demande formulée par la droite de dissoudre l’Assemblée territoriale. "Ce n’est pas que je sois hostile à toute dissolution… Mais cette chambre est majoritairement à droite et seul un blocage institutionnel peut fonder une telle décision…" Le Premier ministre a rappelé une nouvelle fois que, pour lui, "il n’y aura jamais aucune amnistie pour les assassins du préfet Erignac". Une question source de très fortes tensions chez ses camarades Verts, Noël Mamère ayant décidé samedi de quitter l’équipe de campagne d’Alain Lipietz, pourtant candidat officiel du parti écolo.

Lionel Jospin a profité de son discours de La Rochelle pour lancer un appel à la cohérence de la majorité plurielle, en y voyant une condition indispensable d'une éventuelle victoire de la gauche en 2002. Le Premier ministre a jugé ''normale'' la ''logique de dispersion'' qui prévaut actuellement en raison de la multiplication des candidatures. Mais il a rappelé quelques règles de fonctionnement de la majorité à Robert Hue, Alain Lipietz ou Jean-Pierre Chevènement. ''L'esprit de responsabilité et d'équité doit régir les relations entre partenaires'', a souligné le Premier ministre. Un mot d’ordre qui semble aujourd’hui bien lointain pour ses petits camarades.

Par Philippe MATHON le 03 septembre 2001 à 15:36
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