Moins de sorties parisiennes depuis le 11 septembre

Par KD , le 18 septembre 2001 à 19h20 , mis à jour le 17 septembre 2001 à 19h40

Depuis le 11 septembre, les Parisiens sortent moins. Sans aller jusqu’à la psychose, la fréquentation des restaurants, des cinémas et des musées est en baisse. En revanche, certains lieux comme les boîtes de nuit par exemple, ne désemplissent pas.

Tour Eiffel nuit © INTERNE

Fréquentation des restaurants et des cinémas en baisse, taxis à la recherche de clients : les Parisiens sortent moins depuis les attentats aux Etats-Unis. "Depuis le 11 septembre, c'est catastrophique," commente un responsable de la Closerie des Lilas, célèbre brasserie de la rive gauche, dont la baisse d'activité se situe, selon lui, "entre 35 et 40% depuis près d'une semaine".

Connus ou non, les restaurants semblent parmi les premiers touchés par la désaffection, très nette surtout dans les jours qui ont suivi les événements. Au Fouquet's, lieu culte des Champs-Elysées, "on ne voit plus les Américains," constate-t-on. La baisse d'activité générale est estimée à 20%. Le Jules Verne, restaurant situé au premier étage de la Tour Eiffel, "refuse moins de réservations". Le soir de l'attentat, près de la moitié des réservations ont été annulées, mais "depuis ça a repris" ajoute-t-on.

"Petit tassement" dans les cinémas

Du côté des musées, cela ne va pas mieux. Au Louvre, on qualifie de "désastreuse" la fréquentation des derniers jours. Dimanche, seuls 3.000 visiteurs sont venus, contre 13.000 le même jour de l'année dernière. "Sur la semaine écoulée, on enregistre une baisse de 30%", explique Christophe Monin, responsable de la communication. Une désaffection qui pourrait en partie s'expliquer par la longueur des files d'attente, imposée par une fouille minutieuse liée aux contraintes de sécurité.

La fréquentation des cinémas parisiens a connu "un petit tassement", selon l’hebdomadaire le Film français. Toutefois, selon une responsable, "ce n'est pas significatif, c'est lié à la sortie des films". Les chiffres par rapport à ceux de la semaine précédente n'ont "pas été bons du tout", mais par rapport à l'année 2000, "ce n'est pas une catastrophe" indique-t-elle.

 Moins de hold-up

A l'Opéra de Paris comme à la Comédie-Française qui faisaient leurs rentrées ce week-end, on a en revanche joué, comme de coutume, à guichets fermés. De la même manière, les discothèques échappent à cette désaffection. Chez Castel, club de la rue Princesse, ou au Queen sur les Champs-Elysées, c'est toujours la même affluence. "Nous l'avions déjà constaté pendant la guerre du Golfe : les gens viennent visiblement chez nous pour oublier ces événements dramatiques," dit Laurent Guyot, attaché de presse des Bains.

Parmi les artisans-taxis, "les nuiteux (taxis de nuit) sont rentrés chez eux mardi soir, il n'y avait personne", explique Hélène Manceron, attachée de presse du syndicat. Selon elle, la baisse d'activité se situe depuis entre 10 et 20%, notamment la nuit.

Plus insolite, le contexte semble aussi avoir réduit un autre type d'activité, puisque aucun hold-up n'a été rapporté samedi et que l'activité dite de "police-secours" - larcins, pickpocket, petites affaires - a baissé d'environ un tiers au cours du week-end. Le renforcement du plan Vigipirate pourrait être à l'origine du phénomène.

Par KD le 18 septembre 2001 à 19:20
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience