Nantes : un père jugé pour un triple infanticide

Par , le 19 septembre 2001 à 16h19 , mis à jour le 19 septembre 2001 à 16h44

Un père de famille comparaît cette semaine devant la cour d'assises de Loire-Atlantique pour le meurtre de ses enfants dans une mise en scène macabre.

[Expiré] [Expiré] assises nantes © AFP

Il est près de minuit, le 24 août 1998, lorsque Laurent Beby étrangle l'aînée de ses enfants, Ludwin, une fillette de 6 ans, avant de tuer ses deux autres enfants, Alexandre, 24 mois, et Donatien, 5 ans, dans une mise en scène macabre que la cour d'assises de Loire-Atlantique examine depuis mardi. Le procès s'est ouvert en l'absence de l'accusé, interné depuis trois ans à l'hôpital psychiatrique de Cadillac (Gironde). Une nouvelle expertise a été ordonnée par le président du tribunal pour déterminer si l'accusé était ou non en état de comparaître.

Selon l'avocat de l'accusé, Me Yvan Trébern, "c'est un procès pour le moins insolite puisque les faits sont assez atroces" -- comme le révèlent les premiers témoins et les procès-verbaux de l'enquête.

Engrenage

Au moment du drame, l'homme âgé de 30 ans a, pour un mois, la garde des enfants, partis depuis le 8 mai dans un foyer de Saint-Sébastien-sur-Loire avec leur mère Clarisse, qui se plaignait de violences conjugales. Laurent Beby supporte mal cette séparation. Dès le départ de son épouse, il a menacé de se suicider et de tuer ses enfants. Clarisse reste inflexible. Elle entame une procédure de divorce et un système de garde avec droit de visite classique est instauré.

Depuis le 2 août les enfants sont au domicile nantais de leur père. La veille du drame, le petit Donatien appelle sa mère pour lui dire que "papa va nous tuer si tu ne reviens pas". La mère alerte le commissariat qui envoie une patrouille, mais celle-ci, ne trouvant pas la famille, laisse une convocation. Parallèlement, Laurent Beby apprend que sa femme a trouvé un logement, et qu'il n'y a aucune chance qu'elle revienne vivre avec lui.

Folie meurtrière

Le 24, il passe la soirée avec sa voisine et un ami, à qui il répète qu'il va se tuer et ses enfants avec. Tous deux disent avoir alerté SOS enfance maltraitée, qui aurait dit ne rien pouvoir faire pour l'instant. Laurent Beby redit la même chose à sa mère au téléphone, peu avant minuit. Tous essaient de le dissuader - peine perdue. Laurent Beby étouffe sa fille Ludwin, puis Alexandre et Donatien, sans se laisser troubler par le coup de fil de son ami qui l'appelle à minuit et demi pour savoir si tout va bien.

Le père couche ensuite les trois petits en pyjama dans son lit, recouverts d'une bible, d'un crucifix et d'une photo de mariage. Il se tranche les veines et avertit le foyer de Saint-Sébastien, qui alerte la police. La dernière fois que Me Trébern a vu son client, "il pleurait sans arrêt et n'était pas très très clair". Le verdict devrait être rendu vendredi.

Par le 19 septembre 2001 à 16:19
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