Processus Matignon : Indipendenza menace

Par PM, le 25 septembre 2001 à 17h44 , mis à jour le 25 septembre 2001 à 18h14

Suite aux interpellations effectuées durant le week-end dans la région de Bastia (Haute-Corse), le parti indépendantiste envisage notamment son "retrait total du processus".

talamoni indipendenza corse © INTERNE

Le parti indépendantiste corse Indipendenza a menacé mardi à Ajaccio de retirer son soutien au processus de Matignon, en estimant qu'il avait "atteint ses limites" après les neuf interpellations opérées durant le week-end par les policiers de la Direction nationale antiterroriste (DNAT).

Indipendenza, créé en mai par A Cuncolta et trois autres formations, fera connaître sa position sur le processus après avoir consulté ses militants lors d'une réunion prévue samedi à Bonifacio (Corse du Sud). "Il y a un constat global d'échec au niveau du processus de Matignon. Il a atteint ses limites. Nous allons donc réexaminer notre position", a expliqué François Sargentini, membre de l'exécutif d'Indipendenza, au cours d'une conférence de presse. Parmi les options envisagées, figure le "retrait total du processus", a-t-il précisé.

"Tentative de déstabilisation"

Le président de l'Assemblée de Corse, José Rossi (DL), a promptement réagi à l'avertissement en appelant à la poursuite du débat dans "la sérénité" car, dit-il, "la réforme est bonne pour la Corse". Une rupture des négociations signifierait "une nouvelle longue période de difficultés" pour l'île, a-t-il ajouté dans un entretien à Radio Corse Frequenza Mora.

Pour Indipendenza, les interpellations samedi et dimanche de neuf personnes dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de Jean-Michel Rossi en août 2000 "constituent une tentative de déstabilisation". "Elles mettent surtout en évidence la responsabilité du gouvernement français dans ses intentions de criminaliser une situation, optant ainsi pour le seul traitement policier et judiciaire du problème corse", a affirmé Indipendenza dans un texte lu lors de la conférence de presse. "Il est clair que la DNAT agit avec le soutien du gouvernement", a estimé Paul Medurio, autre membre de l'exécutif d'Indipendenza.

"Pour avancer, il faut être deux"

SUr les neuf personnes interpellées, six ont été remises en liberté mardi soir. Restent en garde à vue trois personnes, dont Jacques Mosconi, membre de l'exécutif d'Indipendenza. Le responsable nationaliste Jean-Guy Talamoni, principal interlocuteur nationaliste du gouvernement dans les négociations, avait déjà estimé lundi, au nom de la coalition électorale Corsica Nazione, que ces interpellations entraient dans le cadre d'"une manipulation de grande ampleur" visant à "déstabiliser" le processus de Matignon.

"Il y a beaucoup d'amertume au niveau de la base" du parti, a expliqué M. Sargentini. "Nous avons été loyaux. Nous nous sommes fortement impliqués dans le processus. Mais nous nous rendons compte qu'il n'y a pas de réel processus de paix. Nous n'avons pas d'interlocuteurs au niveau du gouvernement. Or, pour avancer, il faut être deux", a-t-il ajouté. Indipendenza a réaffirmé néanmoins qu'il restait "favorable à une solution politique" avec, comme "projet minimal", le texte approuvé par l'Assemblée de Corse en juillet 2000 qui portait sur une évolution du statut de l'île en deux phases, articulée autour d'une révision constitutionnelle en 2003-04. Le projet de loi doit être examiné par le Sénat en novembre.

Par PM le 25 septembre 2001 à 17:44
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