Rendre aux harkis la place qui leur est due

Par K.D., le 25 septembre 2001 à 12h53 , mis à jour le 25 septembre 2001 à 13h05

Mardi, pour la première fois depuis la fin de la guerre d’Algérie, un hommage solennel a été rendu aux harkis, ces Algériens qui avaient choisi de se battre aux côtés de la France. Jacques Chirac a appelé au "devoir de vérité" et a dénoncé les massacres dont les harkis ont été victimes à la fin de la guerre.

harkis hommage chirac algérie © INTERNE

Jacques Chirac a appelé mardi au "devoir de vérité" à l'égard des harkis, en affirmant que "les massacres commis en 1962" "laisseront pour toujours l'empreinte irréparable de la barbarie" et "doivent être reconnus". Auparavant, le président avait pris acte de la dette de la France à l'égard des harkis, "ces combattants fiers et courageux", en reconnaissant solennellement que la nation ne leur avait pas fait "la place qui leur était due".

Quarante ans après le départ des troupes françaises d'Algérie, la France a donc rendu un hommage aux harkis, ces Algériens qui avaient choisi de se battre à ses côtés lors de la guerre qui a abouti à l'indépendance de leur pays. Une cérémonie militaire a eu lieu dans la cour d'honneur des Invalides.

De 100.000 à 150.000 harkis massacrés

La communauté harkie en France est estimée à 400.000 personnes, descendants des 50.000 engagés algériens dans l'armée française qui avaient réussi à rejoindre la France. En mars 1962, date des accords d'Evian qui avaient mis officiellement fin au conflit, l'armée française avait dénombré 220.000 de ces supplétifs. De 100.000 à 150.000 d'entre eux, restés sur place après avoir été désarmés, conformément aux accords d'Evian, ont été massacrés par le Front de libération nationale, arrivé au pouvoir à Alger.

Une mobilisation croissante

Ce premier hommage national, dont la pérennité n'a pas encore été arrêtée, répond à une forte demande de la communauté harkie, dont les enfants et petits-enfants se sont engagés dans une mobilisation croissante depuis les années 70. Cantonnés pendant des années dans des camps de fortune gérés par l'armée, principalement dans le Midi, les harkis ont toujours reproché au gouvernement de ne pas avoir reconnu les services rendus. Les combats en Algérie, qualifiés "d'évènements" n'ont été officiellement reconnus comme une guerre que depuis octobre 1999. En visite en France en juin 2000, le président algérien Abdelaziz Bouteflika, avait comparé les harkis aux "collabos" français sous l'occupation allemande. Cette déclaration avait soulevé une grande émotion. Quelques mois plus tard l'Elysée annonçait cette journée d'hommage.

Par K.D. le 25 septembre 2001 à 12:53
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