© INTERNEAlain Staub, ingénieur en informatique dans une SSII toulousaine :
"Je me trouvais à mon bureau, dans le centre-ville de Toulouse. Nous avons entendu une première explosion étouffée, accompagnée d’une petite secousse. J’ai juste eu le temps de me demander ce qui se passait ; trois à cinq secondes plus tard est venue la deuxième explosion, beaucoup plus violente, et tout le monde a compris qu’il se passait quelque chose de grave. Certains de mes Articles liés : Explosion de Toulouse : le récit en images Toulouse : risques chimiques mineurs
collègues ont cru que le lieu de la déflagration était très proche : dans une salle, des vitres ont explosé. Avec les événements qui se sont produits dernièrement aux Etats-Unis, nous avons tout d’abord pensé à un attentat. Tout le monde a pris l’escalier de secours. La rue était pleine de gens qui évacuaient les immeubles. Certains commençaient à prendre leur voiture pour partir ; d’autres ont allumé leur autoradio pour savoir ce qui se passait. C’est par eux que nous avons appris que l’explosion s’était produite dans une usine pétrochimique. Nous avons alors tous pensé à un risque de contamination. J’ai demandé à Audrey de venir me chercher en voiture."
Audrey Staub, enseignante :
"Je me trouvais à environ sept kilomètres du lieu de l’explosion. J’ai senti une première secousse, avec un "boum" étouffé ; ça ressemblait un peu à un tremblement de terre
(1) . Quelques secondes plus tard à peine, j’ai entendu une énorme explosion : les vitres ont bougé, le sol a tremblé. Pourtant, la zone où je me trouvais est séparée de la ville par une colline ! Je me suis précipitée sur le téléphone pour prendre des nouvelles d’Alain. Il m’a prévenue que les gens étaient en train d’évacuer son immeuble, puis m’a dit qu’il allait me rappeler ; mais par la suite, il n’a pas pu me recontacter, les communications étaient saturées. J’ai pris la voiture, je suis allée le chercher à son travail ; quand nous avons appris par la radio qu’il y avait peut-être un nuage toxique et que les habitants devaient rester confinés, nous avons fait nos valises en cinq minutes. Nous avons réussi à quitter la ville vers 11h30, juste avant que les routes soient fermées (2) ."(1) La secousse provoquée par l'explosion dans l'usine AZF à Toulouse a été enregistrée par le réseau français de mesures sismiques et équivaut à un séisme d'une magnitude de 3,4 degrés sur l'échelle ouverte de Richter.
(2) Audrey et Alain Staub ont pu quitter Toulouse peu avant midi. En début d'après midi, la ceinture de Toulouse était totalement bloquée par le trafic routier. Les entrées de la ville étaient interdites aux véhicules venant tant de Montpellier que de Bordeaux par l'autoroute, et le trafic depuis l'ouest avait été dévié à hauteur de la sortie de Montauban, à une trentaine de km au nord de la ville, provoquant de gigantesques bouchons de plusieurs kilomètres.
Photo d'ouverture : un policier tentant de rassurer la population après l'explosion - DR
Propos recueillis
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