© INTERNEBraquage sanglant à Cergy, vols à l'arraché ultra violents à Nice, voitures incendiées dans les banlieues, assassinats multiples en Corse, assassinat du directeur de cabinet de Béziers, triple meurtre par un déséquilibré hier soir encore en plein Paris…. La liste pourrait se prolonger indéfiniment. Les agressions violentes se multiplient. Le sentiment d'insécurité enfle. A quelques mois des prochaines échéances électorales, le gouvernement entend défendre bec et ongle sa politique de sécurité. Les ministres de l'Intérieur et de la Justice ont décidé de réunir ce jour et pour la première fois, à Paris, l'ensemble des préfets et procureurs de France, conformément à la circulaire sur l'action publique du 9 mai 2001. Cette réunion sera axée sur "la lutte contre toutes les formes de violence" d'une part et "les trafics locaux et la délinquance organisée" d'autre part.
"Tout dysfonctionnement lié à la délinquance est en général renvoyé à la justice, plus qu'à l'ensemble des pouvoirs publics. Or, on n'arrivera pas à résoudre la délinquance avec les magistrats seuls. Les parquets, la police, les services fiscaux, les douanes doivent tous travailler ensemble", a déclaré hier Marylise Lebranchu. A cette occasion, la ministre de la Justice a défendu sa politique à l'égard des mineurs, en refusant l'idée d'un nouveau texte réformant l'ordonnance de 1945, et s'est déclarée choquée par les couvre-feux destinés aux mineurs, qui se sont multipliés au cours de l'été. "Qu'on soit policier, gendarme ou simple citoyen, si on voit un enfant seul la nuit, il faut intervenir. Et on a déjà les textes pour ça", a-t-elle estimé.
"La sécurité doit mobiliser la gauche"
La ministre a accordé au Monde une interview croisée avec son collègue de l'Intérieur, Daniel Vaillant, dans laquelle tous deux répondent notamment aux critiques formulées le 14 juillet par Jacques Chirac. "Il ne faut pas faire de l'insécurité un fond de commerce électoral, parce qu'elle touche à des sujets de vie, de souffrance. Il ne faut pas suivre le sillage de ceux qui veulent faire peur", estime Daniel Vaillant. "C'est un discours qui fait peur, prononcé par le premier personnage de l'exécutif, c'est vraiment très choquant", renchérit Mme Lebranchu. "La droite hurle. Le président dit qu'il n'y a pas de volonté politique en matière de sécurité. Mais je n'entends aucune proposition", a également ironisé le garde des Sceaux au cours d'un déjeuner de presse.
L'un comme l'autre défendent l'idée que le thème de la sécurité n'est plus réservée à la droite. Quatre ans après le discours de Villepinte d'octobre 1997, au cours duquel Lionel Jospin avait placé la sécurité au cœur des priorités de la gauche, l'équipe gouvernementale confirme cette orientation. "La sécurité n'est ni de droite ni de gauche, c'est une valeur républicaine indispensable pour que chacun soit libre dans la société. La sécurité est un sujet qui doit mobiliser la gauche", assure aujourd'hui Daniel Vaillant.
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