© INTERNENe pas " nier la vérité " tout en stoppant l’incendie. Face aux mauvais chiffres de la délinquance, face aux critiques présidentielles du 14 juillet, Daniel Vaillant a reconnu, samedi matin à La Rochelle, que la période actuelle marquait une " relative intensité de l’insécurité ". " Mais sûrement pas une déferlante ", nuance-t-il.
Pour couper l’herbe sous les pieds de la droite, prompte à dénoncer la " passivité " du gouvernement en matière de sécurité, le ministre de l’Intérieur a décidé d’attaquer fort, en lançant d’une voix sèche : " Je suis pour la mise sous tension permanente de la chaîne pénale ". Diable. Faut-il mettre tous les délinquants en prison ? "Non, bien sûr ! ", s’empresse-t-il d’ajouter. " Mais pour tout délit, il faut une privation de liberté, une privation de recommencer. L’impunité est insupportable pour les citoyens ". Applaudissements dans la salle. Davantage encore lorsque le ministre de la Ville, Claude Bartolone, dénonce " ces petits malfrats qui roulent en Mercedes alors que l’on sait pertinemment qu’ils n’ont pas de ressources ". " Lorsqu’il y a connerie, il y a sanction ! " plaide-t-il. Face à la sécurité, leur thématique maudite, les socialistes perdent leurs complexes. " Ces problèmes ne sont ni de gauche ni de droite ", répète à l’envie Daniel Vaillant.
" Si on ne règle pas les problèmes, les Français nous zapperont ! "
Certains n’hésitent pas à tirer la sonnette d’alarme. Le président de la région Ile-de-France, notamment. Jean-Paul Huchon, se " réjouit " de la prise de conscience, par la gauche, de la question de la sécurité. Mais pour lui, pas de doutes : c’est la principale préoccupation des Français, devant la question du chômage. Sa conclusion : " Si on ne règle pas les problèmes, les Français nous zapperont ! ".
Afin d’éviter pareille déroute, l’ancien dircab de Rocard à Matignon plaide pour une loi de programmation " pour la sécurité et la justice ". Justice qu’il ne manque pas d’épingler, avec le regard bienveillant de Daniel Vaillant. " Que fait la justice ?, lance-t-il. Ce que je demande, c’est que les juges respectent la loi et cessent de libérer des délinquants quelques heures après leurs arrestations !". Les absents ont toujours torts. Marylise Lebranchu, la garde des Sceaux, n’était pas là pour répondre. La réunion entre les ministres de l’Intérieur, de la Justice et les préfets, prévue dans quelques jours, s’annonce musclée.
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