Talamoni crie à la "manipulation"

Par PM, le 25 septembre 2001 à 00h34 , mis à jour le 24 septembre 2001 à 22h45

Suite à l'arrestation de neuf nationalistes dans l'enquête sur l'assassinat en août 2000 de Jean-Michel Rossi, le leader de Corsica Nazione affirme que certains, "à Paris", souhaitent "déstabiliser" le processus de Matignon.

talamoni bastia septembre 2001 © INTERNE

L'interpellation de neuf nationalistes ce week-end a provoqué la colère de Jean-Guy Talamoni, le chef de file de Corsica Nazione, qui a dénoncé lundi "une manipulation de grande ampleur" destinée à "déstabiliser" le processus de Matignon à quelques mois des élections. Entouré de plusieurs dizaines de militants, le principal interlocuteur nationaliste du gouvernement a prévenu à Bastia que sa formation ne pouvait "pas rester sans rien faire face à une telle agression". Elle tirera "les conséquences politiques de cette situation" dans "les prochaines semaines", a-t-il assuré devant la presse.

Selon certains responsables du mouvement, un débat s'est ouvert au sein du mouvement sur l'opportunité de poursuivre ou non les pourparlers sur la réforme du statut de l'île, ouverts avec le gouvernement et les autres élus insulaires en décembre 1999.

Société de transports de fonds dans le collimateur

Cette crispation fait suite à l'interpellation de neuf personnes samedi et dimanche par la Division nationale anti-terroriste (DNAT) dans l'enquête sur les assassinats en août 2000 de Jean-Michel Rossi et de son garde du corps Jean-Claude Fratacci. Elles étaient toujours en garde à vue à Bastia et Ajaccio lundi soir. Les enquêteurs, qui se contentent de parler de "vérifications", observent la plus grande discrétion sur le motif des interpellations et sur les intentions des juges antiterroristes à l'égard des personnes interrogées.

Le coup de filet a visé six employés de la société de transports de fonds Entreprise Sécurité Service Express (ESSE) et deux d'Automatisme Maintenance Corse (AMC), considérées comme les héritières de Bastia Securità, une entreprise proche des nationalistes qui a cessé ses activités. Cette société avait été mise en cause par le nationaliste François Santoni, ami de Rossi, dans son livre "Contre-enquête sur trois assassinats" publié peu avant que Santoni ne soit assassiné à son tour en août 2001. Santoni affirmait qu'un fourgon blindé "d'une société de transports de fonds aux mains des nationalistes bastiais" avait récupéré un des membres du commando ayant tué Rossi et Fratacci à L'Ile-Rousse (Haute-Corse).

"Manipulation venant de Paris"

Aux yeux de M. Talamoni, qui, avançait Santoni, connaît les tueurs de Rossi, les interpellations du week-end ont été décidées sur la base des "déclarations fantaisistes d'une seule personne". "Dans ce dossier, il n'y a rien qui nous rattache à cette affaire", a-t-il affirmé, en insistant particulièrement sur le cas du seul interpellé connu pour ses activités politiques, Jacques Mosconi, qu'il a cité nommément et qui est membre de l'exécutif du parti Indipendenza, partenaire de la coalition électorale Corsica Nazione.

Pour M. Talamoni, ces interpellations, qui suivent sa convocation en qualité de témoin le 13 septembre à Paris par le juge antiterroriste Gilbert Thiel, constituent "une manipulation de grande ampleur qui vise à discréditer notre mouvement et à déstabiliser le processus de Matignon". Nous pensons qu'il y a de fortes présomptions de manipulation venant de Paris, notamment de juges et de policiers, et ce n'est pas dans le but de renforcer le processus", a-t-il ajouté, sans préciser son propos.

Par PM le 25 septembre 2001 à 00:34
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