© INTERNEQuatre jours après la terrible explosion qui a ravagé l'usine AZF de Toulouse, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer les carences de sécurité du site. Le président de TotalFinaElf, Thierry Desmarest, rétorque que l'usine, qui datait de 1924, "avait été modernisée". Et selon Michel Perratzi, président de Grande Paroisse, le site de Toulouse était conforme à la réglementation en vigueur, et régulièrement contrôlé. Qui croire ? Autre question : pourquoi avoir implanté d’autres bâtiments, d’autres entreprises, à proximité d’un site reconnu comme dangereux ?
Que contrôle vraiment la DRIRE ?
Explication possible de ce contrôle apparemment insuffisant : comme les 1.250 sites français à risque classés "Seveso 2", l’usine AZF de Toulouse devait soumettre régulièrement aux autorités un rapport de sécurité, comprenant un plan d'urgence en cas d'accident, et un inventaire exhaustif des substances utilisées. Dans les faits, les effectifs - 870 agents des DRIRE répartis sur l'ensemble du territoire - sont largement insuffisants pour mener des contrôles complets des installations. La plupart du temps, faute de mieux, les missions des DRIRE inspectent surtout les documents produits par l'industriel : plans d'urgence, moyens de secours, etc.
Même manque général de contrôles, mais pour des raisons différentes, en ce qui concerne l’urbanisation. Une loi de 1987 sur la sécurité civile oblige théoriquement les communes à prendre en compte les risques technologiques dans leurs plans d'urbanisme. Une procédure dite "d'intérêt général", ou "PIG" permet même au préfet depuis 1989 d'intervenir pour geler une nouvelle implantation dans une zone à risque. Mais le désir des élus d'attirer l'implantation d'activités, porteuses d'emploi et de taxe professionnelle, entre souvent en contradiction avec la prise en compte des risques… Ce qui pourrait expliquer comment l’usine AZF avait pu, au fil des années, être rattrapée par l’urbanisation.
Bordeaux ne veut plus de son usine chimique La mairie de Bordeaux a demandé, lundi après-midi, la fermeture d'une usine chimique classée Seveso située dans l'agglomération bordelaise et son transfert vers un "site adapté". L'usine Soferti, qui comprend un dépôt d'ammoniac de 120 m3, a été créée au début du siècle et fabrique de l'acide sulfurique et des engrais phosphatés destinés à la production de fertilisants. Le préfet de la Gironde Christian Frémont a indiqué avoir envisagé il y a déjà six mois un tel transfert mais les dirigeants de TotalFinaElf lui avaient répondu que ce n’était pas possible. "Je n'ai pas le pouvoir de fermer (l'usine, NDLR). En revanche, on peut envisager une suspension provisoire de l'activité", a déclaré le préfet, lundi soir, à l'issue d'une réunion entre les directeurs d'entreprises classées Seveso, et les maires qui hébergent des usines sensibles. Christian Frémont a ajouté que les inspections et les "exercices de secours seront multipliés dans les sites à risque". Il a décidé qu'il fallait "revoir" un certain nombre de plan d'évacuation des 17 entreprises Seveso du département "qui ne sont plus adaptés" selon lui. |
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