© INTERNELe procureur de Toulouse, en affirmant quelques jours seulement après le drame de l'AZF qu'il y avait "99% de chances" qu'il s'agisse d'un accident, n'a-t-il pas lancé une perverse course à l'information, à l'heure où il est visiblement trop tôt pour tirer la moindre conclusion ? Depuis ses déclarations, les rumeurs, les informations floues, les démentis et les pistes se multiplient, sans que l'on en sache davantage, et alors que l'enquête ne pourra mener à rien de très probant avant quelque temps.
Proches des "islamistes" ou non ?
Depuis mardi, l'incertitude se cristallise autour d'Hassan Jandoubi, intérimaire franco-tunisien dont le corps a été retrouvé près du lieu de l'explosion. Le Figaro et Reuters faisaient hier état de ses sous-vêtements superposés, qui rappelaient à certains la tenue des kamikazes. Ils revenaient également sur l'altercation avec des livreurs de l'usine à laquelle il a pri
s part (voir notre article). Le magazine Valeurs actuelles affirmait qu'il avait des "sympathies avec les milieux islamistes" alors que le quotidien toulousain la Dépêche du midi écrivait que sa "personnalité étudiée par la police judiciaire [semblait] bien loin du profil terroriste". Le quotidien faisait état de rumeurs, condamnées par Daniel Vaillant et Philippe Douste-Blazy et qui ont déclenché l'ouverture d'une enquête.Rapport "confidentiel" et démenti des proches
Ce vendredi matin, les affirmations sur Jandoubi vont bon train. LCI, Le Figaro et le Parisien évoquent un rapport des RG selon lequel il aurait appartenu à un groupe de cinq, six personnes, dont deux se seraient déjà rendues en Afghanistan et qui se "seraient réjouies des attentats du 11/09", selon LCI. Le rapport confirmerait l'altercation de la veille, évoquerait un vol de bidons d'essence le même jour, et conclurait sur un acte dont les auteurs "n'avaient pas imaginé les conséquences". Face à ces révélations, l'entourage d'Hassan Jandoubi s'emporte : sa compagne n'a de cesse d'expliquer qu'il portait plusieurs vêtements superposés pour cacher sa maigreur dont il avait honte. Son beau-frère affirme qu'il n'était pas pratiquant, ne suivait pas le Ramadan et n'allait pas dans les mosquées.
Aujourd'hui, trop peu d'éléments sont disponibles pour établir ou non la responsabilité de Janboudi dans le drame toulousain. Illustration de cette confusion : l'enquêteur du Figaro, après avoir minutieusement énuméré tous les soupçons qui pèsent autour de l'intérimaire, explique qu'on n'a retrouvé aucune trace d'explosif sur son corps lors de l'autopsie (ce qui écarterait les spéculations autour de sa tenue) et se demande en quoi il aurait eu besoin de sauter avec son crime.
Autour de ce sinistre, on est trop pressé de savoir, d'un côté comme de l'autre : il devient urgent de ne plus se hâter.
La piste de l'accident toujours privilégiée Les deux experts judiciaires enquêtant sur les causes de l'explosion privilégient toujours la piste de l'accident dans un pré-rapport remis aux juges d'instruction en charge de l'affaire. Ils précisent "qu'aucune trace d'explosif militaire ou industriel" susceptible d'avoir provoqué la catastrophe, n'a été trouvée à ce jour. Toutes les sources radioactives récupérées Tous les appareils contenant des sources radioactives et qui se trouvaient sur le site de l'usine AZF ont été récupérés, a indiqué le Pr Jean-François Lacronique, président de l'Office de protection contre les rayonnement ionisants (OPRI). Il y avait au total quinze sources radioactives sur le site. Il s'agit de jauges utilisées dans les cuves à produits chimiques, et contenant soit du césium 137 soit du cobalt 60. Quatre de ces appareils ont été repris par les fournisseurs, les onze autres ont été placés en lieu sûr, selon le président de l'OPRI. | |
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