© INTERNECe n'est sûrement qu'une simple coïncidence, mais Daniel Vaillant s'en serait bien passé. Quelques heures avant de poser le pied sur l'île, le ministre de l'Intérieur vient d'apprendre une bien mauvaise nouvelle : l'assassinat d'un nationaliste corse considéré comme un proche de l'ancien leader François Santoni. Au volant de sa voiture, Nicolas Gros a été atteint de plusieurs balles de calibre 9 mm et 443 Remington, vendredi matin à Bonifacio (Corse du Sud). Douze douilles ont été retrouvées sur place. Les inconnus ont pu prendre la fuite sans être inquiétés.
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Consultations tous azimuts
Sans que l'on puisse attribuer ce nouvel assassinat à une réactivation des règlements de comptes entre nationalistes, l'événement pourrait gêner aux entournures un ministre qui n'avait prévu de parler que de politique. En évitant soigneusement d'évoquer la question de la sécurité sur l'île.
Cette visite de vingt-quatre heures devait permettre à ce proche de Lionel Jospin de s'assurer du soutien des élus insulaires avant l'examen par les sénateurs du projet de loi sur la Corse. Pour son deuxième déplacement en un an, Daniel Vaillant doit consulter tous azimuts les principaux élus de l'île, des parlementaires aux représentants des maires, à Bastia puis à Ajaccio.
"Nous attendons des avancées plus audacieuses"
Une grande incertitude pèse cependant sur ce voyage à l'organisation bien huilée : quelle sera l'attitude des élus nationalistes de Corsica Nazione ? Participeront-ils à la rencontre du ministre avec les groupes politiques de l'assemblée de Corse ? Maîtres du suspense, Jean-Guy Talamoni et ses amis ont indiqué qu'ils feraient connaître leur position vendredi soir ou juste avant la réunion samedi matin. Un boycottage du ministre viendrait illustrer la décision prise le mois dernier par le mouvement nationaliste de suspendre son soutien au processus de Matignon.
Les nationalistes ne digèrent pas le contenu du texte adopté par l'Assemblée nationale en première lecture le 22 mai dernier. Jean-Guy Talamoni, leur chef de file, avait alors dénoncé "une tromperie intellectuelle et politique". "Ce texte reste imparfait", a reconnu cette semaine José Rossi, le président DL de l'assemblée de Corse. "Nous attendons des avancées plus audacieuses" sur les principales dispositions du projet de loi, à savoir les transferts de compétence, les dispositions fiscales ou l'important volet financier destiné à faire rattraper à la Corse son retard d'infrastructures.
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