Feu vert pour l'extradition de Rachid Ramda

Par F.L., le 09 octobre 2001 à 23h40 , mis à jour le 09 octobre 2001 à 00h02

Depuis près de six ans, la France réclamait à l'Angleterre l'extradition de Rachid Ramda, considéré comme l'un des organisateurs des attentats de 1995 à Paris. Lundi soir, Londres a donné son feu vert. Marylise Lebranchu se félicite de cette décision qui marque "la coopération entre les partenaires européens pour renforcer la lutte contre le terrorisme".

rachid ramda © INTERNE

Le contexte actuel de lutte internationale contre le terrorisme semble avoir poussé Londres à reconsidérer la demande d’extradition déposée par la France à l’encontre de Rachid Ramda. Un changement d’attitude officialisé par un communiqué du ministère français de la Justice : "Le ministère britannique de la Justice et des Affaires intérieures (Home Office) vient de faire connaître au ministère de la Justice la décision du ministre d'accorder à la France l'extradition de Rachid Ramda, donnant ainsi une réponse positive à la demande formulée par la France, en décembre 1995, dans le cadre des enquêtes relatives aux attentats dans le métro et le RER parisiens en octobre 1995".

Depuis son arrestation dans la capitale britannique le 4 novembre 1995 – sur demande française – celui que l’on considère comme l’un des "financiers" du réseau du Groupe islamique armé, et plus particulièrement des attentats de la même année à Paris, était resté incarcéré en Grande-Bretagne. Il faisait pourtant l’objet de trois mandats d'arrêt internationaux pour son rôle dans cette vague d’actes terroristes – sans compter une condamnation à mort par contumace en Algérie pour l'attentat de l'aéroport d'Alger en 1992. Rachid Ramda, ainsi qu'un autre militant islamiste présumé, Boualem Bensaïd, ont été renvoyés devant les assises pour leur participation présumée notamment aux attentats de la station RER Saint-Michel, qui avait fait 8 morts et 150 blessés, et devant la station de métro Maison Blanche, qui avait fait 18 blessés.

Une extradition réclamée à maintes reprises

Mais jusqu’à présent, la demande d'extradition formulée par les autorités françaises avait régulièrement été retardée par des appels formés par la défense de Rachid Ramda, s’appuyant sur une législation britannique favorable. Il aura fallu attendre cette semaine pour que Londres accepte finalement d'extrader Rachid Ramda vers Paris. Une décision obtenue "après de très nombreux échanges entre les autorités judiciaires des deux pays", selon le communiqué du ministère français de la Justice. Marylise Lebranchu, la ministre de la Justice, se félicite au passage de cette décision "qui concrétise le renforcement de la coopération entre les partenaires européens pour renforcer la lutte contre le terrorisme".

Le ministère relève que cette décision d'extradition était "également souhaitée par les victimes de ces attentats et leurs familles". La présidente de SOS-Attentats, Françoise Rudetzki, l’avait notamment réclamée à maintes reprises. Par ailleurs, le ministère de la Justice "prend acte que Rachid Ramda dispose de voies de recours contre cette décision. Il espère cependant que la remise effective de l'intéressé pourra avoir lieu le plus rapidement possible, afin qu'il puisse être jugé et que toute la lumière puisse être faite sur ces attentats."

Illustration d'ouverture : croquis de l'Algérien Rachid Ramda - AFP

Par F.L. le 09 octobre 2001 à 23:40
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