© INTERNEOui, Djamel Beghal, arrêté à Dubaï fin juillet puis extradé vers la France le 30 septembre, appartient bien à un groupe islamiste radical. Non, il n’a jamais envisagé de commettre des attentats contre les intérêts américains en France. Selon
Le Monde, c’est ce qui est ressorti des interrogatoires du suspect, menés par le juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière.Djamel Beghal, marié civilement à Corbeil-Essonnes en 1990, a évoqué devant les enquêteurs le parcours de sa conversion à l’Islam fondamentaliste, qu’il date de 1994. A cette époque, il suit quelques cours dispensés à la mosquée par les Frères Musulmans. Après s’être installé en Angleterre, Beghal parle d’un séminaire d'"initiation sur la foi", suivi à Londres en 1998. "C'est au cours de ce séminaire qu'il a été question de l'éloge et de l'incitation au djihad et de la nécessité pour les Arabes de fuir les pays impies" explique-t-il.
"C'est un peu plus tard en 1999 (qu'on) nous a parlé de l'Afghanistan en nous disant que la situation là-bas était meilleure que dans les pays impies et qu'il fallait un seul lieu pour regrouper tous les musulmans pour le djihad" ajoute-t-il. A l’automne 2000, il se rend alors au pays des taliban. Il y entreprend une " formation militaire de base" dans un camp de Kaboul. Evoquant les relations entre Al-Qaida, l'organisation d'Oussama ben Laden, et le régime des taliban, il souligne que "c'est en mai 2001 qu'Al-Qaida a scellé un pacte d'alliance avec les taliban. En vertu de cet acte, Al-Qaida devenait partie intégrante des taliban et de ses structures tant politiques que militaires".
"Violences physiques"
Au printemps 2001, Beghal désire rentrer en France. Sur le chemin du retour, il est arrêté à l’aéroport de Dubaï le 28 juillet. Il y alors interrogé par les enquêteurs émiratis les 22 et 23 septembre. Dans un premier temps, il admet que son réseau préparait des actions terroristes, prévues au printemps 2002, contre l'ambassade américaine à Paris. Il précise même avoir pris ses ordres directement de Abou Zoubeida, bras droit d'Oussama ben Laden, lors d'une réunion en Afghanistan.
Selon Le Monde, Djamel Beghal est revenu sur ces déclarations. Il affirme avoir été victime de violences physiques afin de lui soutirer des aveux. "Je n'ai pas été chargé par Al-Qaida de commettre un quelconque attentat en Europe ni ailleurs" a-t-il lancé au juge Bruguière. Il reste néanmoins mis en examen pour "association de malfaiteurs en vue de préparer un acte de terrorisme".
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