Jospin rappelle la Justice à ses devoirs

Par Philippe MATHON, le 24 octobre 2001 à 16h32 , mis à jour le 24 octobre 2001 à 16h37

Le Premier ministre, qui dénonce la "dramatique erreur d'appréciation" du juge ayant décidé la libération de Jean-Claude Bonnal, "partage la révolte" des policiers.

La mise au point de Lionel Jospin © INTERNE

L'"affaire" Bonnal n'en finit pas d'occuper le devant de la scène politico-judiciaire. Après la "révolte" exprimée "en tant qu'individu" par Marylise Lebranchu, après la manifestation de près de 8.000 policiers mardi à Créteil, l'émotion a gagné Lionel Jospin mercredi.

Face aux députés de l'Assemblée nationale, le Premier ministre a dénoncé la "dramatique erreur d'appréciation" du juge ayant décidé la libération du truand, contre l'avis du parquet. "La fonction de juger est exigeante et lourde, nos concitoyens demandent que soit assurée à la fois l'exigence du droit individuel et le besoin de sécurité : chacun dans sa fonction doit veiller au respect de cet équilibre, c'est le rappel que je veux faire", a-t-il ajouté. Rappelant que "beaucoup" de policiers avaient "exprimé un sentiment de révolte, M. Jospin a affirmé : "Je le comprends et je le partage". "Je pense aux victimes, à leurs familles, je m'incline devant leur douleur".

Défense de la loi Guigou

Mais comme sa ministre de la Justice mardi, Lionel Jospin a défendu bec et ongles le travail de son gouvernement. La loi Guigou sur la présomption d'innocence, tout d'abord. Un texte qui, selon lui, n'est "en rien en cause dans la décision de libérer" Bonnal. Pour Lionel Jospin, les moyens de la police et de la justice ne sont "certainement pas en cause", affirmant qu'ils avaient "été "considérablement accrus" par son gouvernement

Par ailleurs, le Premier ministre a, d'une certaine façon, appelé la droite à la responsabilité, jugeant "étrange" pour le législateur la "démarche" consistant à "récuser une loi qu'il a appelée de ses vœux et très largement votée".

Mis en examen et écroué pour un quadruple meurtre commis à Athis-Mons (Essonne) le 6 octobre, Jean-Claude Bonnal est soupçonné d'être impliqué dans le cambriolage commis le 16 octobre au Plessis-Trévise (Val-de-Marne) au cours duquel deux policiers ont été tués. Ce récidiviste du hold-up avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire en décembre alors qu'il était en détention provisoire dans le cadre d'une autre affaire.

Par Philippe MATHON le 24 octobre 2001 à 16:32
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