© INTERNELa justice peut-elle et doit-elle solliciter le témoignage du président Jacques Chirac ? La question est directement posée à la plus haute instance judiciaire française, la Cour de cassation. La Cour est en effet saisie d'un pourvoi de Louis Breisacher, partie civile dans le dossier d'irrégularités présumées au sein de la SEMPAP, imprimerie liée à la mairie de Paris, lorsque Jacques Chirac était maire de Paris. Louis Breisacher soutient que le président peut être entendu comme témoin, ce que la Cour d'appel de Paris lui a refusé le 29 juin 2001 en estimant que cette demande d'audition avait en réalité un fondement accusateur et constituait une demande d'audition comme témoin assisté ou de mise en examen. Me Guy Lesourd, son avocat, estime que l'arrêt de la Cour d'appel doit être cassé et que le président doit pouvoir être entendu comme tout citoyen. L’arrêt de la Cour de cassation est attendu le 12 octobre.
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Le chef de l'Etat n'est pas un citoyen comme les autres
Dans ses conclusions, le Premier avocat général reconnaît en effet que le chef de l'Etat ne peut pas être considéré, durant la durée de ses fonctions, comme un simple citoyen. Il ne peut donc être mis en examen par la justice ordinaire, ni être soumis au nouveau régime de témoin assisté, qui sous-entend une mise en cause pénale. En revanche, selon l'avocat général, aucun texte constitutionnel ou législatif n'interdit qu'il soit entendu sommé témoin, à deux conditions : que cela se fasse avec son consentement et dans des formes qui respectent la dignité de sa fonction.
Autre argument soulevé par l’avocat de Louis Breisacher, Me Lesourd : il assure que la décision du Conseil constitutionnel du 22 janvier 1999, selon laquelle la responsabilité pénale du président ne peut être mise en cause que devant la Haute Cour de justice, n'a pas d'autorité sur la Cour de cassation. Mais l'avocat général fait observer dans ses conclusions qu'une divergence entre le Conseil constitutionnel et la Cour de cassation créerait une situation sans issue, que personne ne pourrait trancher, et amènerait une insécurité juridique pour les justiciables qui ne pourraient plus savoir quelle juridiction est compétente pour juger le président.
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