La justice ne plaisante pas avec les plaisantins

Par Philippe MATHON, le 19 octobre 2001 à 11h04 , mis à jour le 19 octobre 2001 à 11h15

Face à la multiplication des alertes à la poudre suspecte à travers le territoire, des peines de prison ferme sont infligées aux "farceurs" les plus zélés.

tribunal angers © INTERNE

Plus d'une centaine de lettres suspectes en une seule journée : la France n'échappe pas à la règle. Les plaisantins de tous poils s'en donnent à cœur joie depuis les premières alertes déclenchées aux Etats-Unis. Et pour tenter de répandre la psychose, tous les procédés sont bons. Sucre, plâtre, talc, farine : les policiers ont recensé toutes sortes de produits ces derniers jours. Dans ce contexte, même les courriers les plus anodins, comme ce vacancier heureux de rapporter du sable d'Honolulu, provoquent la mobilisation des services de sécurité…

Le problème est d'autant plus épineux qu'il touche toutes sortes d'établissements : l'Assemblée nationale, l'Elysée et Matignon (selon une information d'Europe 1), mais également de multiples bureaux de postes, centres administratifs ou entreprises… Marseille, Aix-en-Provence, Colmar, Montreuil, Chanteloup-les-Vignes, Le Chesnay, l'agglomération Lyonnaise, des communes du Lot-et-Garonne, de la Vienne, de la Dordogne et de la Haute-Garonne… Tout l'hexagone a connu son lot de canular.

A chaque fois, la même procédure : l'objet est immédiatement envoyé dans un laboratoire aux fins d'analyse et, parfois, une enquête judiciaire est ouverte pour tenter de déterminer si l'envoi de la substance est ou non l'œuvre de mauvais plaisants. Au plus haut niveau, des instructions ont été données pour les retrouver au plus vite. A la clé, des sanctions exemplaires.

Sévères condamnations

A Rennes, un ouvrier ulcéré de recevoir du courrier provenant d'une entreprise de vente par correspondance a été condamné à un mois de prison ferme pour lui avoir envoyé du sucre glace. A Bayonne, un élu municipal de Saint-Georges d'Oléron (Charente-Maritime) a été condamné à trois mois de prison, dont deux mois et demi avec sursis, pour avoir posté des lettres contenant de la farine à plusieurs autres élus. Un restaurateur savoyard a été condamné jeudi à trois mois de prison avec sursis et 10.000 F d'amende pour avoir envoyé au maire de sa commune une enveloppe contenant de la poudre blanche. Sa femme, qui comparaissait à ses côtés, a été condamnée à 10.000 francs d'amende. Un chirurgien-dentiste de Roaix (Vaucluse) a été mis en examen pour "violence avec préméditation" pour une lettre anonyme contenant de la poudre marron clair, adressée à un ami, chef d'entreprise à Vaison-la-Romaine.

Et les condamnations devraient se multiplier dans les jours à venir. D'ores et déjà, quatre plaisantins ont été interpellés à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques), Mont-de-Marsan (Landes), dans le Tarn et Argenton-Le-Château (Deux-Sèvres). "Pour l'exemple", ils devraient être sévèrement sanctionnés. Histoire de laisser une trace dissuasive dans l'esprit de tout nouveau candidat.

Par Philippe MATHON le 19 octobre 2001 à 11:04
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