© INTERNEDominique Strauss-Kahn peut être serein. Son procès pour "faux et usage" dans le cadre de la tentaculaire affaire de la MNEF n’a pas apporté de nouveaux faits à sa charge – il est accusé d’avoir fourni des documents antidatés pour justifier son rôle d’avocat dans les négociations entre la mutuelle et la CGE entre 1994 et 1996. Au contraire, pendant les trois jours de débats, le parquet s’est montré très en retrait par rapport à ses arguments initiaux.
Avant l’audience, le représentant de l’Etat soutenait que les documents avaient pu être écrits en 1998, au moment où les enquêtes convergeaient vers les comptes de la mutuelle. Mais les avocats de DSK ont montré que ces documents n'avaient pu être rédigés après le mois d'octobre 1996. Ils ont appuyé leur démonstration en se basant sur un numéro de téléphone inscrit en en-tête, numéro qui n'était plus valable après cette période.
"Reflet de la réalité"
Mardi, le procureur, David Peyron, s'était déjà montré distant avec les poursuites initiales. Mercredi, il a encore franchi un pas supplémentaire. "Il a pu être ressenti un éloignement de la position du parquet par rapport au réquisitoire écrit. L'approche d'un magistrat par rapport à une procédure est naturellement libre" a-t-il expliqué, devant une salle d'audience médusée. "Il n'apparaît plus comme soutenable que ces documents aient été fabriqués après la fin de l'année 1996 " ajoute-t-il, rejoignant ainsi le point de vue de la défense.
Dans ce contexte, sur quoi peut-il fonder son réquisitoire lundi prochain ? David Peyron affirme qu’il maintiendra des poursuites. Il estime en effet que les faux peuvent avoir eu pour fonction de cacher la réalité dès 1996 aux CODEC (Comités départementaux d'examen des comptes des organismes de sécurité sociale), organes de contrôle pourtant jamais évoqués dans le dossier. Pour sa défense, le député de Sarcelles a une nouvelle fois maintenu les mêmes explications. "Je n'ai eu aucunement la sensation de commettre une infraction car ces documents ne faisaient que refléter la réalité" souligne-t-il.
Si le tribunal se range à cette position, l’horizon judiciaire de DSK – qui a bénéficié d’un non-lieu en début de semaine dans le dossier dans lequel il était soupçonné d’avoir fait payé les salaires de sa secrétaire par Elf- sera totalement dégagé. Il pourrait ainsi pleinement participer à la campagne présidentielle de 2002 aux côtés de Lionel Jospin.
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