© INTERNEPoussé à la démission du ministère de l'Economie et des Finances en octobre 1998, accusé de "faux et usage", Dominique Strauss-Kahn, pourrait finalement obtenir la relaxe dans un des volets de l'affaire MNEF. Devant la 11e chambre du Tribunal correctionnel de Paris, le représentant du parquet, David Peyron s'en est "remis à l'appréciation" de la chambre, une façon à peine dissimulée d'éviter de réclamer la relaxe, que les avocats semblent désormais convaincus d'obtenir.
Le procès avait déjà pris une tournure singulière la semaine dernière lorsque le procureur avait évoqué la possibilité de modifier les poursuites, tout en les maintenant. Lundi, cette position des choses avait fait long feu : "Il n'y a nullement d'intention frauduleuse", a reconnu David Peyron, dont une grande partie du réquisitoire a servi à démontrer l'absence de fondements pour condamner le prévenu. Le parquet admet donc de facto les explications données par l'ancien ministre de l'Economie.
"Une relaxe franche, sincère et totale"
DSK, 52 ans, était accusé d'avoir sciemment fourni à la justice et à l'Ordre des avocats de Paris des documents antidatés, dans le but de justifier son rôle dans les négociations entre la MNEF (Mutuelle nationale des étudiants de France) et la CGE, entre 1994 et 1996. Mais le parquet a considéré lundi qu'il n'existait "aucune version de rechange qui permette d'infirmer la version de Dominique Strauss-Kahn", admettant ainsi que ce dernier n'avait commis qu'un simple erreur de date et n'avait pas tenté de dissimuler un travail dont la réalité a été prouvée par l'instruction.
Résultat : Me Jean Veil, l'un des avocats de DSK, n'a pu ensuite qu'enfoncer le clou. "Je demande évidemment une relaxe, non pas au bénéfice du doute, mais une relaxe franche, sincère et totale", a-t-il plaidé, regrettant qu'"un homme qui était ministre ait été obligé d'abandonner sa profession" pour une simple erreur. "La présomption d'innocence n'existe plus que pour les juristes. Mais sûrement pas pour les journalistes. La campagne de presse assez dégueulasse qui s'est répandue contre mon client a très largement pesé sur la procédure", a-t-il estimé.
Deux ans contre Spithakis, 1 an contre Bernardini
Les autres prévenus de ce dossier n'ont pas tous été autant épargnés. Si Philippe Plantagenest, numéro deux de la MNEF, a lui aussi échappé à toute réquisition, le parquet a demandé deux ans d'emprisonnement dont un avec sursis et 500.000 F d'amende contre Olivier Spithakis, directeur de la mutuelle étudiante au moment des faits. M. Spithakis, poursuivi dans le dossier DSK, l'était aussi dans l'affaire de la vente de l'appartement de la rue Tiphaine (Paris 15ème) en 1990, considérée comme frauduleuse au préjudice de la MNEF.
Dans ce même volet, le procureur a demandé une peine d'un an de prison dont six mois avec sursis et une amende de 250.000 F à l'encontre de l'ex-premier secrétaire de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, François Bernardini, ainsi que pour l'homme d'affaires Wilson Bihi Zenou. Il a par ailleurs réclamé une peine de 100.000 francs d'amende à l'encontre de l'homme d'affaires Alain Obadia.
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