Nous avons vu pour vous... A.I.

Par Olivier CORRIEZ, le 25 octobre 2001 à 06h00 , mis à jour le 24 octobre 2001 à 16h56

Steven Spielberg est de retour devant la caméra avec un film attendu "A.I. Intelligence Artificielle". Un projet initié par Stanley Kubrick mais porté à l'écran par le réalisateur de "E.T.". Impressions.

Une image du film de Steven Spielberg A.I. © INTERNE

A.I. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
Science-fiction de Steven Spielberg avec Haley Joel Osment, Jude Law, Frances o'Connor, William Hurt… Dans les salles le 24 octobre.

L'histoire

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Où sont les
robots intelligents ?

 

 

La fonte des glaces a provoqué la disparition de centaines de ville sur la surface de la Terre. En conséquence, les ressources naturelles manquent et les gouvernements limitent les naissances. Le monde s'est également transformé et les humains font appel pour les tâches domestiques à des robots. Les plus perfectionnés d'entre eux sont des "mécas", des machines sophistiquées d'apparence humaine. Le professeur Hobby décide de créer le premier robot sensible, un enfant capable de donner de l'amour à ses parents. C'est ainsi que naît David. Le jeune méca fait irruption dans le quotidien d'un couple dont le fils est cryogénisé à la suite d'une grave maladie. Mais la guérison de l'enfant va pousser le couple a abandonné le robot. Ce dernier, à l'aide de Joe, un méca gigolo, va se mettre à la recherche de la fée de Pinocchio, dans l'espoir de pouvoir retrouver l'amour de sa "maman"…

Nous avons aimé
- La première partie du film quand David, le "méca", commence à découvrir le monde ou tout du moins ses deux "parents" et leur univers.
- La seconde partie du film quand interviennent d'autres "mécas" et notamment Gigolo Joe, personnage qui aurait certainement mérité d'être approfondi.
- Les effets spéciaux impeccables comme souvent dans les films de Spielberg.
- L'interprétation soignée notamment de Jude Law, incroyable en machine à faire l'amour. Notons également la bonne performance de Haley Joel Osment.
- La vision dérangeante de New York submergée dans la troisième partie du film.

Nous avons moins aimé
- La dernière partie du film trop (pseudo) philosophique à notre goût, un peu trop prise de tête et donc ennuyante et soporifique.
- Les thèmes abordés dans le film sont vus et revus chez Spielberg (l'enfant abandonné qui recherche sa famille…).
- L'effusion de bons sentiments, une habitude presque détestable dans presque toutes les productions américaines.
- La longueur du film (2h26) se fait cruellement sentir.
- La conclusion du film dont Spielberg aurait très bien pu se passer et qui alourdit le propos.

Notes
C'est donc Stanley Kubrick qui devait à l'origine réaliser ce film. Le réalisateur disparu en a eu l'idée à la lecture de la nouvelle de Brian Aldiss, Supertoys Last All Summer Long, publiée en 1969. Dix ans plus tard Kubrick achète les droits d'adaptation du récit. Dans les années quatre-vingt, il parle du sujet avec son ami Steven Spielberg. Un jour, au détour d'une conversation téléphonique, Kubrick offre à Spielberg de réaliser le film, "je pense que ce film est plus proche de ta sensibilité que de la mienne" avoue-t-il. Les deux réalisateurs se rencontrent à Londres. Kubrick montre à Spielberg les milliers de planches déjà réalisées par le dessinateur Chris Baker. Les deux hommes décident de garder le secret sur cette collaboration. La mort de Kubrick aurait pu mettre un terme au projet mais c'était sans compter la volonté de Spielberg d'achever le rêve de son illustre collègue. Un projet qui serait resté dans les cartons sans lui affirme le producteur exécutif Jan Harlan, beau-frère de Kubrick.

Par Olivier CORRIEZ le 25 octobre 2001 à 06:00
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