Présidentielle : J- 6 mois

Par , le 21 octobre 2001 à 18h40 , mis à jour le 11 septembre 2007 à 14h53

Le premier tour de l'élection présidentielle se déroulera le 21 avril 2002. A six mois de l'échéance, Jacques Chirac et Lionel Jospin sont les grands favoris. Etat des lieux des candidats, déclarés ou officieux.

MM. Chirac et Jospin | Archives AFP © INTERNE

A GAUCHE

- Olivier Besancenot (LCR). Le candidat trotskiste organise son premier meeting de campagne ce dimanche. Alain Krivine ayant renoncé à se présenter, c’est donc à ce jeune inconnu du grand public que revient la tâche d’animer les revendications de la LCR. Son premier challenge sera d’obtenir les 500 signatures.

- Arlette Laguiller (LO). La pasionaria de Lutte Ouvrière entame sa 5e campagne. La retraitée du Crédit Lyonnais aura deux objectifs : tout d’abord, faire mieux qu’en 1995 où elle avait dépassé la barre des 5 %. Et se situer devant Robert Hue au premier tour.

- Robert Hue (PC). Le secrétaire national du PC, plus ou moins contesté à l’intérieur de son parti, joue gros lors du 1er tour. Débordé à sa gauche par Arlette Laguiller et par Jean-Pierre Chevènement, il pourrait s’estimer satisfait en maintenant son score d’il y a 7 ans (8 %).

- Jean-Pierre Chevènement (MDC). Le trublion de la gauche plurielle, présenté comme le "3e homme" de l’élection, pourrait causer bien des soucis à Lionel Jospin. Ralliant bien sûr à gauche mais aussi à droite, les sondages le créditent d’environ 10 % des intentions de vote.

- Noël Mamère (Verts). Après le psychodrame Lipietz et les retournements de veste de leur nouveau candidat, les écologistes sont devenus la risée des observateurs. Malgré tout, le premier sondage effectué après sa désignation donnait 8 % à l’ancien journaliste. Avec Mamère, les Verts ont donc récupéré à la fois une girouette mais aussi, et surtout, une personnalité médiatique.

- Lionel Jospin (PS). Bien sûr, le Premier ministre n’est pas officiellement candidat. Mais on ne peut pas imaginer qu’il ne le soit pas. Reste à savoir à quel moment il l’annoncera. En 1995, Edouard Balladur, alors dans la même situation, s’était révélé à la mi-janvier. En attendant, selon les sondages, le locataire de Matignon est donné gagnant ou perdant de peu face à Jacques Chirac. Une chose est sûre : le duel sera serré.

A DROITE

- François Bayrou (UDF). Face à un Jacques Chirac qui a fait le vide dans son camp, l’ancien ministre de l’Education nationale a pour l’instant bien du mal à se faire entendre. Les attentats du 11 septembre ont repoussé le début de son tour de France en bus orné de son slogan "La France humaine". Les sondages le créditent péniblement de 5 %.

- Christine Boutin (UDF). Révélée par sa lutte anti-Pacs, relookée depuis, agit-elle en sous-marin pour Jacques Chirac ? Sa candidature est en effet surtout considérée comme une manœuvre de l’Elysée pour à la fois gêner François Bayrou et ratisser large à droite au premier tour.

- Jacques Chirac (RPR). Le chef de l’Etat n’a désormais plus de vrai rival dans son camp. Toutes ses sorties en province sont l’occasion de marteler les futurs axes de sa campagne et de taper sur la politique du gouvernement. La crise internationale a en outre renforcé sa stature intérieure face à Lionel Jospin.

- Alain Madelin (DL). A l’instar de François Bayrou, il a bien du mal à exister dans le contexte actuel face à Jacques Chirac. Et culmine rarement au-dessus de 5 % dans les sondages.

- Charles Pasqua (RPF). Malgré ses ennuis judiciaires, l’ancien ministre de l’Intérieur se dit plus que jamais candidat. A 74 ans, c’est d’ailleurs lui qui avait annoncé en premier sa candidature. Admettant qu’il pourrait avoir du mal à financer sa campagne, il ne se lancera véritablement dans la bataille qu’en janvier.

- Philippe de Villiers (MPF). Ayant encore en tête l'échec de 1995, le président du conseil général de Vendée n'a toujours pas annoncé son choix.

- Bruno Mégret (MNR). L’ancien numéro 2 du FN persiste à se présenter comme candidat. Il aura cependant bien des difficultés à obtenir les 500 signatures. Et comme les sondages lui donnent à peine 2 %, certains cadres du mouvement s’interrogent sur la viabilité d’une campagne qui pourrait laisser le MNR financièrement à sec.

- Jean-Marie Le Pen (FN). A 73 ans, le leader de la droite extrême entame certainement sa dernière campagne. Bien loin de ses scores de 1998 et 1995 (15 %) et dans une situation économique où ses thèmes traditionnels ne portent plus, il stagne à environ 7 % des intentions de vote.

AUTRES

- Corinne Lepage. L’ancienne ministre de l’Environnement d’Alain Juppé est aujourd’hui avocate spécialiste de ces questions. Elle a créé l'association CAP 21. Et affirme qu’elle est tout proche de recueillir les 500 signatures.

- Brice Lalonde (GE) et Antoine Waechter (MEI).  Les deux écologistes, respectivement candidats en 1981 et 1988, espèrent obtenir les 500 signatures.

- Dieudonné (Les Utopistes). L’humoriste peut-il refaire le coup de Coluche en 1981 ?

Par Fabrice Aubert le 21 octobre 2001 à 18:40
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