© INTERNEBernard Bonnet pourrait ne pas être jugé en Corse. Le procureur général à la Cour de cassation vient en effet de requérir le "dépaysement" du procès des paillotes incendiées qui doit normalement se tenir du 19 novembre au 7 décembre devant le tribunal correctionnel d'Ajaccio. La chambre criminelle de la Cour donnera sa réponse le 7 novembre prochain. Si elle suivait les réquisitions, le procès serait renvoyé vers un autre tribunal et donc très probablement retardé.
Pour un procès serein
L'ancien préfet de Corse, son directeur de cabinet de l'époque Gérard Pardini, l'ancien commandant de la Légion de gendarmerie de Corse le colonel Henri Mazères et les cinq gendarmes poursuivis pour l'incendie des paillotes Aria Marina, le 7 mars 1999, et Chez Francis, dans la nuit du 19 au 20 avril 1999, ont tous réclamé que le procès se déroule ailleurs que sur l'île. Ils invoquent le contexte insulaire pour dire que l'affaire ne peut être jugée sereinement en Corse. Le procureur général de Bastia Bernard Legras a à plusieurs reprises refusé que l'affaire soit dépaysée en considérant que "la bonne administration de la justice ne justifiait pas le dépaysement du procès" qui, selon lui, peut avoir lieu "dans des conditions tout à fait normales à Ajaccio".
Devant les rejets signifiés par Bernard Legras, les avocats des huit prévenus ont déposé mardi deux requêtes auprès de Jean-François Burgelin. La première était fondée sur la nécessité "d'une bonne administration de la justice" et la seconde le manque de "sûreté publique". "Une audience de jugement ne peut se tenir de manière sereine et impartiale pendant trois semaines à Ajaccio sans violation de l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'Homme, qui dit que chacun a droit à un procès équitable", a expliqué Me Philippe Gumery, l'un des avocats de Bernard Bonnet. "Nous constatons également qu'il n'y a pas eu de retour à la paix civile en Corse et nous imaginons mal, dans ce contexte de violence, comment pourrait être assurée la sécurité d'un procès dont tous les prévenus sont des serviteurs de l'Etat", a-t-il ajouté. L'autre avocat du préfet, Philippe Armani, a vu dans les réquisitions de Jean-François Burgelin un "désaveu cinglant" pour Bernard Legras, appelé entre-temps au poste de procureur général près la cour d'appel de Colmar.
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