© INTERNEC'est la fin d'une traversée du désert qui aura duré deux ans. Après le non-lieu prononcé par la juge Joly dans l'affaire Elf et le refus du procureur général près la Cour de cassation de saisir la Cour de justice de la République (CJR), concernant une éventuelle intervention du ministre dans le dossier fiscal de Karl Lagerfeld, DSK est en passe d'effectuer un retour spectaculaire dans le monde politique hexagonal.
Ultime épreuve, l'affaire de la MNEF. Mais là encore, les dés semblent jetés. Renonçant à requérir une peine contre DSK, le représentant du parquet a reconnu l'absence de fondement pour condamner l'ancien ministre, observant qu'il n'y avait "nullement intention frauduleuse". Une affaire qui lui avait pourtant coûté son poste à Bercy, en novembre 1999. Ainsi, l'hypothèse de voir désormais DSK s'impliquer fortement dans la campagne présidentielle du PS et de Lionel Jospin est désormais clairement évoquée. Dans l'entourage de François Hollande, on souligne que Dominique Strauss-Kahn y "jouera un rôle", même dans l'éventualité d'une condamnation à une peine minime, comme par exemple "une amende".
Retour en grâce
Il est loin le temps où, à la fin du mois de septembre 2000, l'ancien ministre était sommé de s'expliquer par ses camarades socialistes sur sa détention de la cassette de confessions posthumes du promoteur Jean-Claude Méry mettant en cause Jacques Chirac dans le financement occulte du RPR. "Nous n'avons rien à voir avec tout ça", insistait alors François Hollande, tandis que la députée de l'Aisne, Odette Grzegrzulka, demandait l'exclusion de DSK en cas de faute.
Las. Après une longue période de disette, DSK fait discrètement et modestement son retour à la politique au printemps dernier, en retrouvant son siège de député du Val-d'Oise. Aujourd'hui, son rôle reste encore discret. Tenu à l'écart des instances dirigeantes du PS en novembre 2000, il ne siège qu'au conseil national, le parlement du parti. En septembre dernier, il fait une courte apparition à l'université d'été socialiste de La Rochelle. L'occasion de défendre le bilan du gouvernement Jospin "dont on n'a pas à rougir", et d'insister sur le projet à venir : "Ce n'est pas sur un bilan qu'on est élu. Un bilan ne sert qu'à crédibiliser ce qu'on fera demain".
Travail souterrain
Avant d'incarner ce "demain" aux côtés de Lionel Jospin, DSK reste très impliqué dans des organismes proches du PS. Aux côtés d'Alain Richard et Pierre Moscovici, il constitue l'un des piliers de Socialisme et démocratie, le courant "jospino-rocardien" du PS. Signe que le combat politique demeure bien présent dans l'esprit de DSK, le mouvement animera, le 20 octobre prochain, ses premières rencontres nationales sur le thème… "Les grands enjeux de la période face à la droite". Enfin, Strauss-Kahn est aussi très actif au sein de la Fondation Jean-Jaurès (FJJ) dont il préside le Comité d'orientation scientifique. Un travail souterrain qui pourrait s'avérer très utile au PS dans la perspective de 2002.
Photo : DSK, le 2 juin 1997, après la victoire de la gauche aux législatives (AFP)
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